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lundi 22 avril 2019

Étape 19 : de Penvern à Trébeurden (18 km) dimanche 21 avril Pâques


Dimanche de Pâques et dernier jour de grande marée...

Notre séjour à l’hôtel du golf s’est bien passé, nous avons même pris notre petit-déjeuner à 7 heures alors que le jour ne s’était pas levé. Surprise, nous n’étions pas les seuls... Du coup, si nous avions mangé plus vite nous serions partis avant l’aube...

Nous démarrons par un parcours en terre qui va nous conduire directement à Penvern. C’est une série de chemins creux, de carrefours et parfois de portions de routes.

Encore une belle journée de Printemps qui commence !


C’est ainsi que nous arrivons presque par surprise derrière le
Menhir de Saint Uzec, l’un des plus célèbres mégalithe de Bretagne, donc de la terre entière…
 Il a été christianisé en 1674 lors d’une Mission de « l'apôtre de la Bretagne », le père jésuite Julien Maunoir qui le fait insérer dans un enclos ayant un accès par échalier, le fait peindre, sculpter et surmonter d'une croix. La christianisation des « pierres dressées » témoigne d'une volonté d'assimilation des signes religieux antérieurs.
Le menhir situé dans un placître est un bloc de granite, sans doute importé du littoral, qui pèse 80 tonnes, mesure 7,40 mètres de hauteur (hors-sol, environ un tiers dans le sol) et 2,6 mètres de largeur.
La croix est fixée dans une cavité de 10 centimètres  de profondeur à l'avant, par deux cales visibles rouillées à cœur, et sans doute par d'autres, invisibles. De section rectangulaire, elle mesure un mètre de haut et 70 centimètres de large. 

Le Christ, sculpté dans la masse en demi-relief, reprend l'iconographie du « Christus patiens » : la tête penche un peu du côté droit, le sternum est creusé, les yeux sont fermés. Un périzonium entoure le haut des cuisses. Deux calices recueillent son sang qui coule sous chaque main.

 

Sous la croix et la mettant en relief, un fronton orné d'un double bourrelet partant en accolade des pieds du Christ, se termine par deux volutes en épaulement enroulées en sens inverse des arcs de cercles. Ce fronton encadre un groupe de vingt-sept sculptures en bas-relief (dans un rectangle de 1,90 mètre de large sur 1,80 mètre de heut, originellement peint) rappelant le déroulement de la passion mais disposées dans un ordre qui n'apparaît pas parfaitement rigoureux : le registre supérieur est composé de gauche à droite du calice de Gethsémani, d'un croissant de lune enserrant une figure de profil qui regarde vers une figure féminine, d'une femme à genoux avec les mains jointes et d'un soleil portant en son centre une figure humaine toute ronde. Le soleil et la lune sont des symboles païens, interprétés par les Chrétiens comme les symboles des ténèbres du Vendredi-Saint et de la Résurrection. La femme peut être assimilée à une sculpture païenne, peut-être une déesse-mère celtique mais elle peut aussi représenter la vierge Marie (sa sculpture semble en effet porter une auréole) en l’associant au second groupe au-dessous qui représente les instruments de la passion du christ.
Le second registre est encadré à gauche par une épée légèrement courbe et une lance à pointe quasi triangulaire qui évoquent l’arrestation au jardins des Oliviers, et à droite, par la lance de Longin et la tige d'Hysope portant l’éponge. Il est composé de gauche à droite de l’aiguière et d'une main gauche ouverte, du voile de Véronique, du coq du reniement de saint Pierre qui est juché sur la colonne de la flagellation. Une échelle évoque la descente de croix.
Le troisième registre, encadré par deux fouets formés de plusieurs lanières courtes, comporte de gauche à droite, le sabre de saint Pierre qui trancha l’oreille de Malchus, la lanterne de l’arrestation, puis des tenailles et un marteau sous lesquels se trouve les deniers de Judas.
Le registre inférieur comporte la tunique sans couture, les trois dés des soldats romains lors du tirage au sort des vêtements du Christ, les trois clous, le crâne d’Adam, deux os croisés pouvant symboliser la descente aux enfers et un pot d'onguent.
À mi-hauteur était peint un christ polychrome sur une croix rouge et sur un fond d'écusson noir. Il est maintenant totalement effacé.

Nous continuons vers le hameau de Penvern qui nous donne l’occasion de voir quelques jolies petites maisons

Quelques 600 mètres plus loin du menhir, voici la chapelle éponyme au nom parfois plus complexe :  Chapelle Notre-Dame de Penvern ou chapelle de Notre-Dame Citeaux-Penvern ou encore chapelle Notre-Dame de Bon-Secours…
Le long de la chapelle, une longue assise de pierre de taille, orientée d'est en ouest, permet aux pèlerins de prendre un peu de repos. Selon la légende sa date de construction remonterait à 1300, elle serait l'œuvre des moines cisterciens de Bégard, et aurait suivi la découverte d'une statue de la Vierge, vieille de plusieurs siècles. Le culte de la Vierge est apparu tardivement en France et en Bretagne et la découverte d'une statue de celle-ci à une telle époque semble impossible suivant certains chercheurs.
Située un peu à l'écart du village de Penvern elle est à proximité de verts ombrages. L'eau y bruit de toutes parts.
Dès sa construction la chapelle est l'objet de la dévotion des fidèles du fait des miracles attribués à la Vierge. Il est possible qu'elle ait été construite à l'emplacement d'un ancien culte païen. Plusieurs fois, elle a été reconstruite au cours de son histoire. Certaines dates relativement plus récentes peuvent être relevées sur l'édifice : 1640 sur la campanile, 1666 sur le retable de la Nativité signé par Yvon Allain, dit Gousmas, 1677 sur un tronc à l'intérieur, 1772 sur une porte qui fut ouverte plus tardivement. La chapelle fut aliénée à la Révolution. Elle a été rendue au culte par la suite. En 1939 le peintre russe d'origine française Alexandre Benois, admirateur de la Bretagne, a réalisé une aquarelle du retable et de l'autel de la chapelle, lors d'un de ses nombreux voyages dans la région.  

Edifiée en gros moellons de granite sur un plan en L, la chapelle Notre-Dame de Cîteaux est un édifice à vaisseau unique comprenant une aile en retour d'équerre au nord. Située en bordure de route, dans un enclos pourvu d'un échalier au sud, elle présente, à l'ouest, un mur-pignon couronné d'un clocher à base rectangulaire et à trois baies accessible par un escalier situé sur le rampant sud, à proximité d'une lucarne-pignon à crossettes. Ce mur-pignon est percé d'une porte en plein-cintre surmontée d'un oculus, le chevet est aveugle, l'élévation sud est percée de quatre baies, l'élévation nord d'une porte placée au droit de l'entrée sud et l'aile en équerre d'une porte à l'ouest. Le couvrement de l'espace intérieur est formé par une charpente en bois apparente. Toutes les baies sont en plein-cintre, les pignons sont découverts, le clocher est orné de trois écus armoriés et un banc d'attache règne sur la quasi-totalité de l'élévation sud.

La proximité de la fontaine, entourée de pierre par un certain Allain Hamon, a également aidé à renforcer la dévotion des fidèles, fontaine à laquelle on attribuait le pouvoir de guérir certains maux. Cette fontaine se trouve au pied du chevet de la chapelle de Penvern. Sa construction remonte à 1801. A l’origine, la fontaine était dédiée à Saint-Gorgon ; puis, elle a été consacrée à Notre-Dame de Bon-Secours. Edifiée en granite, elle est située dans un enclos carré délimitant un espace dallé légèrement enterré. Elle comprend un bassin carré non couvert précédant un mur-pignon sommé d'une croix. Ce mur-pignon est orné d'une niche à saint (vide) et d'une inscription portant le millésime 1801 et le nom du commanditaire.

    Nous rejoignons le littoral sur la plage Mouton face à l’île Mouton et l’île Aval. La journée est très belle, nous passons à la tenue légère.

    C’est l’occasion de marcher sur la plage vide, devant nous l’île Grande. Face à l’Ile Mouton et juste avant d’arriver sur l’Ile Grande, on marche sur cette grande plage de sable peu connue et peu fréquentée. La baignade est possible seulement à marée haute, à marée basse elle est utilisable pour pratiquer la pêche à pied.


    L’île Grande (Enez Veur) Sa superficie est d’environ 200 hectares ; environ 2 kilomètres d’est en ouest et 1,2 kilomètre du nord au sud. On y compte environ 800 habitants permanents. Dotée de paysages sauvages et variés, Ile Grande, auréolée d’un chapelet d’îlots dont deux légendaires, se plaît à accueillir l’été les touristes en quête de calme et de beauté. Le sentier côtier balisé, long de 7 kilomètres, permet de faire le tour de l’île en deux heures et demie environ. 
    Ces petits chemins et sentiers longeant la mer font découvrir tour à tour la marais de Kervoalant, le petit port de Saint-Sauveur ainsi que celui de port Gélin, les plages de galets ou de sable fin, les dunes de Toul gwenn, les légendaires îles Canton et Aval, l’île Morvil, le rocher du corbeau, l’allée couverte ou encore la fontaine de Saint Sauveur. Peut-être prendrez-vous le temps d’admirer l’église néo-romane, ou encore visiter la station ornithologique, afin de vous plonger dans le monde merveilleux des oiseaux du grand large ?
    Le premier pont reliant l'île au continent fut construit en 1891 (métallique) Un deuxième pont a été construit en 1946 (chaussée sur remblais percée d’une grande buse) remplacé par un troisième construit en 1974 (béton armé).
    Située sur la côte sud de l’Ile Grande, la plage du Losquet offre une bande de sable peu connue. La fréquentation en été est très faible comme cette plage n’est pas indiquée.
    Située non loin du cimetière, la fontaine Saint-Sauveur fait face à Porz ar Bago. Selon la légende, les fiancés s’y rendaient avant de convoler en justes noces. Ils s’agenouillaient l’un en face de l’autre sur la bordure de granite, lançaient chacun un morceau de mie de pain sur la surface de l’eau et attendaient. Si les deux parcelles se rencontraient, c’était de bon augure et on pouvait affronter le mariage sans crainte, dans le cas contraire, il valait mieux annuler les noces. De même, lorsque les petits tardaient à marcher, il était recommandé de les plonger tris fois de suite dans les eaux de la fontaine.

    La plage aux Dames est la petite plage du port Saint-Sauveur, à la pointe ouest de l'Île-Grande. Juste avant d'arriver au port, un chemin se propose à une fourche sur la gauche.  A marée très haute, la plage aux Dames est un peu réduite mais il y a généralement peu de monde. L'endroit est agréable, à la fois isolé et enserré entre le petit port Saint-Sauveur et la baie aux Dames et leurs paisibles activités nautiques. Aujourd'hui fréquenté par les bateaux de pêche et les plaisanciers, ce petit port de l'Ile Grande a longtemps servi de quai d'embarquement pour les blocs de granite extraits dans les différentes carrières de l'île, à destination des grands chantiers du début du XXème siècle. 


    La plage du Dourlin de l’Ile Grande  se situe à l’ouest de la presqu’île au niveau du camping municipal. Cette grande plage de sable fait face à l’île Aganton et est bordée par de petites dunes. L’environnement est très agréable et la baignade est possible à marée haute.






    Station LPO de l’île Grande : Autrefois terre d’extraction du granit, l’Ile Grande est aujourd’hui un havre de paix pour les oiseaux mazoutés, accueillis au centre de soins de la station LPO.  Les soins apportés aux oiseaux, tout comme les 22 000 couples de fous de bassan de l’Ile Rouzic sont visibles en direct par vidéo. La station organise des expositions, des excursions commentées aux Sept-Îles (plus grande réserve française d’oiseaux marins) et des sorties nature : oiseaux marins, fleurs, plantes du littoral, sorties marée basse. 
    La pointe de Toul ar Staon est une langue de roche à l'ouest de l'Ile-Grande où l'extaction fut intense du début du siècle à la fin des années 1940. Y sont encore visibles les ruines d'anciennes maisons de goëmoniers, transformées en auberge de jeunesse.
    La plage de Porz Gwenn n'est pas facile à rejoindre et c'est pour ça que, même en saison, il n'y a pas trop de monde. Sable fin, eaux d'un bleu moiré, abritée du vent, cadre naturel, rochers ludiques pour les enfants...
    En 2011, une statue réalisée par le sculpteur David Puech a été installée en hommage aux tailleurs de pierre de l’Ile Grande, à l’emplacement d’une ancienne carrière appelée localement le « Lion », à l’est de Pors Gwen. Cette statue a été érigée près du rocher du Lion sous Runn al Lannou (le point culminant de l’île) face à l’île du Corbeau. Elle est ainsi située près d’anciennes carrières et visible sur le sentier des douaniers ; c’est une belle façon de saluer la mémoire de ceux qui ont apporté son essor à l’Ile-Grande pendant plus d’un siècle de 1875 (date du premier arrêté de réglementation aux gisements) à 1993 (année de fermeture de la dernière carrière de l’Ile-Grande).

    Edifié sur le point culminant de l’île, le poste de garde-côte (Ti Gwerd) avait été construit en 1778. Il est aujourd’hui détruit, seul subsiste l’amoncellement rocheux sur lequel il était construit. Depuis ce sommet le panorama est grandiose sur le nord de l’île.

    Christine n’a pas suivi... Les vagues frappent les rochers et pourtant aujourd’hui ce n’est qu’une petite houle.


    L'allée couverte en granite, dite courte (contrairement aux allées couvertes arc-boutées qui ont des parois inclinées), se situe à 35 mètres d’altitude et est orientée est-ouest. Elle mesure 8,5 m de long et 1,6 m de large et comprend un vestibule et une chambre funéraire formée de deux parois parallèles (4 piliers au nord, 5 piliers au sud). La hauteur des dalles varie de 1m à 1m40. Deux grandes tables assurent la couverture du monument. L’allée couverte est entourée de dalles très hautes, structures particulières aux monuments de l’ Ile-Grande et de Keryvon. On les interprète comme étant une paroi intermédiaire à l’intérieur du tertre et dont le but était sans doute de retenir la terre du tumulus.
    Au nord-est de l’Ile Grande, on trouve la plage de Pors Gelen qui offre un sable fin sur un peu plus de 100 mètres. Egalement accessible à marée basse, sa fréquentation est assez importante en été. Belle vue sur la droite sur la pointe de Landrellec avec les nombreux îlots qui composent cette baie.

     

    Après avoir quitté l’île, par la départementale, nous trouvons le chemin à la limite de l’estran… Des boisements humides de saule cendré colonisent progressivement la roselière.
    Ailleurs, le sentier serpente parmi une végétation surprenante : on découvre les prêles géantes et leurs tiges légères ; dans les clairières ombragées des boisements humides, l’Osmonde royale, une magnifique fougère, étale ses feuilles ; ailleurs, de hautes touffes de Laîche en panicule, parfois centenaires, s’élèvent et leurs longues feuilles coupantes retombent jusqu’à l’eau. 

    Au bord de l’eau nous arrivons au Toënno, témoignage vivant de l’activité d’extraction du granite aux XIXème et XXème siècles, c'est également un marais maritime d’un intérêt écologique remarquable. À marée basse, c’est le paradis pour les pêcheurs à pied venus cueillir les coquillages sur l’estran. Au temps de l’exploitation du site, les carriers extrayaient de la grande butte le granite gris bleuté qui était ensuite transporté vers les ports de la Manche par les gabarres. C’est aussi un petit port qui a en outre une activité ostréicole.


    Un menhir, avant l’île de Toënno, datant d’environ 3000 ans avant Jésus-Christ, se trouve en bordure de l’anse de Toënno. Battu par l’eau à chaque grande marée, le menhir est entamé par l’érosion. A l’origine, les vagues ne l’atteignaient pas. Mais le niveau de la mer a monté au cours des derniers millénaires et le menhir est aujourd’hui rattrapé par l’estran.
    Au niveau de l’île de Toënno, on trouve plusieurs petites plages de sable peu connues. La principale dénommée plage de Toëno se situe au niveau du parking. Orientée Ouest, elle offre une belle vue sur l’île de Milliau et sur les nombreux îlots qui composent cette baie de Trébeurden. Le sable est grossier.  C'est l'une des deux plages de Trébeurden (et l'une des rares en Bretagne) à être autorisée aux chiens toute l'année.  
    La plage de Goaz Treiz se situe le long de la départementale entre le port de Plaisance et l’Ile Grande. Cette grande plage de sable à gros grain, longue d’environ 650 mètres est peu fréquentée en été.
     La route la sépare du marais du Quellen. Séparé de la Manche par un cordon dunaire, le Quellen est un véritable marais d'eau douce offrant une diversité d'habitats naturels. Roselières, prairies humides, boisements, mégaphorbiaies et formations dunaires marquent l'identité des lieux. Au fil du sentier, le marais se dévoile avec ses ambiances paysagères intimistes et sa gestion éco-pastorale. Ce site de 22 hectares abrite des chevaux "Camargue", introduits depuis quelques années sur les deux tiers de la surface. Un observatoire est à la disposition des passionnés d'ornithologie.

    La plage de Roc’h Ascoat se situe au niveau de la pointe nord de Lan Kerellec. Cette petite plage de sable reste confidentielle et peu connue. Elle donne directement sur l’ile de Toënno et est entourée de rochers. Le cadre est très agréable. Derrière cette plage, on a une très belle vue sur le port de Trébeurden et sur l’île de Milliau.

    Kerellec  Le quartier balnéaire de Lan-Kerellec comprend une partie de l'ancien quartier de Kerellec, ainsi que la presqu'île qui se détache depuis Pors-Termen. A la fin du XIXème siècle, un ancien corps de garde est édifié au point culminant. En 1909, la majorité des terres sont acquises par l'artiste peintre parisien Pierre Gervais, qui y construit le Manoir de Lan Kerellec, puis les lotit en 1925. Les pentes nord et sud de la presqu'île sont exclues de ce programme : des villas y sont construites dès la fin du XIXème siècle puis au début du XXème siècle (Ker Checco vers 1906, Roc' h as Coat vers 1910).
    La plage de Pors Termen se trouve au nord du port de plaisance. Plus petite que sa voisine Tresmeur au sud, elle est surveillée en été. Son sable fin attire de nombreuses familles en été. 


    Trébeurden est issue de la grande paroisse de Pleumeur-Bodou démembrée au XIIème siècle, et devient commune le 8 février 1790. Le territoire comprend dix mégalithes de l'époque néolithique qui témoignent d'une présence humaine ancienne. Au XIIème siècle, une abbaye (disparue), est construite à Penlan par les religieux de l'abbaye de Bégard (Côtes-d' Armor). L'église paroissiale Sainte-Trinité est reconstruite au milieu du XIXème siècle et son clocher sert d’amer. Elle correspond à la partie occidentale de la Côte de granit rose. Ses principaux atouts sont ses sites naturels protégés, ses plages qui bénéficient pour deux d'entre elles d'une exposition sud et sud-ouest rare en Bretagne Nord, son port de plaisance doté d'un bassin à flots, son port municipal et ses autres mouillages
    Dès le milieu du XVIIème siècle, le port de Milio, face à Trozoul, malgré son accès relativement difficile, est signalé comme port-refuge, connu pour le cabotage et disposant d'une sécherie à poisson. Il est également réputé, pendant et après la Révolution pour le transport du granite par des bateaux à fort tirant d'eau (Charles-Athanase Thomassin, auteur de "Pilotes des côtes de la Manche", 1871). 
    Au XXème siècle, il est l'un des ports de pêche les plus importants du Trégor avec Locquémeau. En 1886, 50 bateaux de pêche naviguant entre Perros et Roscoff, 7 caboteurs et 2 borneurs fréquentent le port de Trébeurden, et ce malgré l'absence d'aménagement et l'exposition du site aux vents dominants de nord à nord-ouest. En 1895, une cale débarcadère d'une centaine de mètres est construite sur le site naturel (ancien tombolo) de Trozoul. En 1990, les anciens ouvrages portuaires ont été comblés par la création du nouveau port en eau profonde. Il ne subsiste que quelques mètres de l'ancien quai en pierres sèches aux abords de Pors-Termen. A l'époque, la construction du nouveau port divise la population entre partisans qui mettent en avant les retombées économiques et adversaires qui défendent l'espace naturel et refusent la disparition de la plage de Trozoul. Une lutte, relayée au niveau national, oppose la municipalité à des associations de défense du littoral qui, en saisissant la justice, réussirent à arrêter la construction du port pendant plusieurs mois

    Le castel est la presqu'île rocheuse située entre le port et la plage de Tresmeur. Kastell signifie "Château" en breton, mais dans le cas présent, ce mot désigne un promontoire rocheux donnant sur la mer. Sur le chemin qui en fait le tour, il est possible de voir le "Père Trébeurden", un rocher en forme de visage vu de profil. 
    Après une longue période d'écriture phonétique à la française, les panneaux indiquant ce lieu emploient maintenant l'écriture bretonne (Kastell).
    Du Kastell, la vue est belle sur le port.

    Mais aussi sur le gois qui mène à l’'île Milliau, île de 23 hectares située à 350 mètres à l'ouest du port de Trébeurden. Longue d'un kilomètre, disposant de ressources d'eau douce et d'une terre agricole riche, elle a été l'île la plus habitée du Trégor. L'île Millau est accessible à pied à marée basse via un gois (passage) d'une centaine de mètres. 
    Malheureusement, nous sommes arrivés trop tard pour traverser et voir l’allée couverte remarquablement conservée pour ses 5 000 ans. Orientée nord-sud, elle mesure 9,8 mètres de longueur pour 1,9 mètre de largeur. 

    Nous avons vu un documentaire allemand dont une partie a été tourné sur l’île. Les images nous ont fait saliver… L’équivalent d’Antilope Canyon ou the Wave… sans la foule et la nécessité de réserver. Mais il faut dire que la réalisatrice a le sens de la très belle photographie… Alors nous allons essayer de retrouver cet affleurement exceptionnel qui est au sud de l’île (au sud de l’allée couverte).
    On y trouve un amoncellement de blocs granitiques de toutes tailles. On remarque le granite en place, et l'encaissant sédimentaire avec une stratification verticale. Au bas d’un bloc de  granite, qui repose sur un encaissant situé sous lui, on remarque les couches alternées de sédiments blanches et noires sont bordées de granite rose…. Au sud de l’île on distingue des blocs arrondis de granite rose à gros grains et des reliefs très découpés de roches cornéennes. C’est une roche métamorphique de contact, très dure et capable de résister à l'action de la glace. Les cornéennes sont le plus souvent constituées de grains fins formant des mosaïques alignées. La couleur habituelle de ces roches varie du brun foncé au noir, indiquant la présence de cristaux de mica, noir brillant. Les cornéennes peuvent renfermer d'autres éléments tels que du grès, des schistes et du granite.


    Du Kastell, nous voyons la plage de Tresmeur et au delà les côtes jusqu’à Saint-Pol-de-Léon...




    Demain, nous allons parcourir une ria jusqu’à Lannion pour revenir sur l’autre rive jusqu’au Yaudet, le port où probablement Pythéas a accosté et où je vais retrouver des lacets neufs. En effet, j’ai connu une rupture sur l’île Grande et demain nous allons appliquer la procédure quicklace de Salomon arrivés à l’étape....

    dimanche 21 avril 2019

    Étape 18 : de Perros-Guirec à Penvern (24 km) Samedi 20 avril 2019

     
     
     
     
     
     
    Aujourd’hui, nous allons encore avoir de belles marées  avec BM à 01:48 à 0,85 mètre, PM à 07:43 à 9,70 mètres puis BM à 14:11 à 0,80 mètre et enfin PM à 20:06 à 9,60 mètres pour des coefficients de 108 et 107.
     
    En plus, en passant, on voit le galet qui est parfaitement sec...
     
    Nous commençons par tout un parcours routier qui passe derrière de belles maisons qui empêchent l’accès au littoral. Finalement, un chemin descend et on peut constater que la loi du 31 décembre 1976 pourrait s’appliquer facilement.
     
    Nous arrivons à la plage du Trestraou, principale plage de Perros-Guirec. Cette plage de sable s’étend sur 1.4 kilomètre entre les pointes de Beg-Ar-Storloch et de Pors Nevez, le long du boulevard Joseph Le Bihan où l’on trouve de nombreux commerces dont le casino et l’établissement thermal. 
     
    Sur les deux extrémités de cette plage, on trouve des cabines de bains. Sur la fin, on distingue le centre nautique avec d’élégantes maisons perchées sur la colline. 
     
      
     
    Avec un fond légèrement brumeux, le panorama est quelque peu limité.
     
    Un panneau indique la direction du sentier des douaniers. Mais en fait c’est encore une route et à droite une série de maisons qui empêchent l’accès au littoral...
     
    Un peu plus loin, c’est l’accès au vrai sentier des douaniers qui n’a rien d’extraordinaire sauf l’avis fait aux promeneurs ! Ça tombe bien, mes bâtons ne sont pas équipés de pointes en acier mais en tungstène... 
     
     
    Le chemin est plutôt plat en tout-venant bien compacté comme beaucoup de sentiers... Aujourd’hui, nous rencontrons plus de coureurs à pied et pas encore de promeneurs, le plus beau village de France 2015 est trop loin. On voit au loin la pointe du Château derrière nous mais aussi que le sentier aurait pu exister depuis la plage.
     
    Une fontaine à sec attend le retour de l’eau.
     
     
    Le paysage n’est pas encore très rose, cependant il flotte un petit air d’Estérel...
     
     
    Au dessus de nous le sémaphore de Ploumanac’h assure la sécurité maritime.
     
    Puis  c’est l’arrivée dans un monde minéral particulier où les formes et les équilibres sont déroutants.
     
    Nous passons au-dessus de la Grève Saint-Pierre jusqu’à arriver à Porz Rolland Les rochers de granite rose couvrant la Pointe de Pors-Rolland lui donnent un aspect très pittoresque. 
     
    La pointe marque l’entrée de la petite crique de Pors-Rolland,  un ancien abri pour les bateaux de pêche de Ploumanac'h, où les anciens ont creusé un chenal d'accès entre les roches. Ce chenal est aujourd'hui obstrué par des rochers.
     
     
     
     
    Le sentier serpente parmi les extraordinaires rochers aux formes curieuses pour atteindre la pointe de Squéouel, d’où le panorama est magnifique  avec au nord l’archipel des sept îles.
     
    Nous approchons du phare qui est à demi masqué par des rochers, mais pas la Maison du Littoral. On y trouve des circuits de randonnées pour découvrir le patrimoine culturel de la Côte de Granite Rose, des expositions, des informations sur la faune et la flore locales, des brochures et des livres sur l'histoire et l'évolution des sites… mais pas leurs réussites pour faire respecter la loi du 31 décembre 1976 !
     
    Le phare de Men Ruz  figure sur de nombreuses cartes postales, symbolisant la côte de Granite Rose. Un premier phare en granite gris de l’Ile Grande fut construit en 1860 ; il était habité par un gardien. Détruit par les allemands en août  1944, il fut remplacé par un nouveau phare en granite rose ; celui-ci mesure 15 mètres de haut et est automatisé. Sa portée par nuit claire est de 11 milles marins, soit 20 kilomètres. 
     
    Un petit pont de granite permet de rejoindre la plate-forme du phare. De celle-ci,  un très beau point de vue sur la côte de granite est offert aux courageux qui y sont parvenus.   A l’angle de la plateforme se trouve un escalier de pierre qui descend vers une pièce aménagée sous les rochers. Le phare tire son nom usuel du village voisin de Ploumanac'h signifiant en français la « mare du moine ». Le nom officiel « phare de Mean Ruz » est issu d'une cacographie de l'expression bretonne Maen Ruz, signifiant pierre rouge.
     
    De retour sur le chemin, nous passons devant la « chapelle du diable » (An Diaoul), surnom lié à ses gargouilles latérales et sa statue centrale.
     
    Le diable tranquillement installé en appui sur ses coudes observe les promeneurs en tirant la langue.
     
    Au large l’archipel des Sept-Îles, contrairement à ce que laisserait penser le nom français, l'archipel ne compte pas sept îles, mais cinq îles principales, ainsi qu'une multitude de rochers (les Costans) et un îlot (le Cerf). Le nom français vient d'une mauvaise copie du nom breton probable (sous une ancienne graphie Sentiles), francisé en Sept Îles par l'administration française. Les plus anciennes graphies sont Sicdelis, Sintelis du Vème siècle. Les guides touristiques s'efforcent néanmoins de trouver sept îles, et donnent le nom d'île à deux groupes d'écueils pour arriver au compte. 
    D’ouest en est, les cinq « cailloux » constituant l’archipel des Sept-Îles s’égrènent : îles Plate, aux Moines, Bono, Malban et Rouzic. 
    Sur l'île principale on trouve deux bâtiments principaux : le phare et le fort. 
     Le phare des Sept-Îles est situé à 5 kilomètres au large, sur l'île aux Moines (en breton : Enez ar Breur ou Jentilez), seule île de l'archipel des Sept-Îles où l'on peut débarquer. Il est bâti à côté des ruines d'un fort du XVIIIème siècle, le Fort des Sept-Îles dont la fonction était de lutter contre la piraterie et la contrebande. Haut de 20 mètres, il culmine à 59 mètres.
     
     
     
    Un autre phare apparait plus loin, à 10 kilomètres, au nord-ouest, c’est le phare des Triagoz qui se dresse sur la roche de Guen-Bras, au centre du plateau des Triagoz. Le bâtiment est une tour carrée qui s’élève jusqu'à trente mètres de haut en granite rose de Ploumanac'h avec une demi-tourelle en saillie accolée à la façade et échauguette.
    C’est le dernier phare des Côtes d’Armor que nous verrons.
     
    Ploumanac’h est rattaché à la ville de Perros-Guirec, cet ancien hameau de pêcheurs est devenu un haut lieu touristique. On y vient de loin pour s’extasier devant ce chaos rocheux aux formes intrigantes. Chapeau de Napoléon, guérite des amoureux, champignon…  Les plus imposants mesurent plus de vingt mètres de haut. Le nom Ploumanac'h provient de la déformation du breton Poull Manac'h, signifiant « la mare du moine ». Ici, l'élément « plou » n'est donc pas issu de plebs, « paroisse », à l'inverse de beaucoup de communes bretonnes.
     
     
     
     
    La chapelle Saint-Guirec  : Au XVIème siècle, les moines de l'abbaye de Bégard font construire un édifice de pierre. Cet édifice primitif est restauré aux XVIIIème et XIXème siècles. Il est agrandi une première fois au début du XXème siècle, et à nouveau en 1948 : deux transepts sont ainsi ajoutés à la nef d'origine. Cette chapelle de marins abrite, entre autres, un Christ en croix, un saint Julien en tenue de soldat romain, du XVème siècle, une pietà et un saint Sébastien, du XVIème siècle, un saint Yves ainsi qu'un tableau représentant l'arrivée de saint Guirec à Ploumanac'h.
     
     
     
    Une belle petite plage semi circulaire célèbre l’arrivée par le nord du village, on y voit l’Oratoire Saint-Guirec qui trône sur la plage, loin d’avoir les pieds dans l’eau à cette heure.
     
    Cette petite plage semble être fermée par un lagon de granite rose.
     
    Selon la légende, c’est sur cette plage qu’accosta le moine saint Guirec au VIIème siècle. Un oratoire, édifié à même la plage au XIème siècle, perpétue la mémoire du saint. Ce monument religieux se compose d'une petite construction en forme de niche abritant une statue du saint en habits d'évêque. Il est juché sur l'un des nombreux rochers de ce secteur de la côte de granite rose qui, s'il est facilement accessible à marée basse, est entouré par l'eau lors des marées hautes. La statue datant du XIVème siècle, en bois, fut déplacée en 1904 de l'oratoire vers la chapelle de Saint-Guirec à proximité. 
     
    Cette effigie, mutilée par la tradition et à la suite de son classement aux monuments historiques, fut ainsi remplacée par la statue actuelle en granite, œuvre du sculpteur lannionnais Hernot. Néanmoins, les deux bras furent mutilés par un acte de vandalisme en 1934 et le visage a de nouveau fut rendu méconnaissable.  
    La plus connue des légendes liée à l'oratoire veut que les jeunes filles célibataires piquaient une aiguille sur le nez du saint. Si l'aiguille restait plantée, cela voulait dire que le vœu de mariage serait exaucé avant la fin de l’année. Une autre tradition faisait baiser les pieds du saint aux jeunes enfants pour les faire marcher plus tôt.
     
    Abri naturel, le port de Ploumanac’h est l’un des mieux protégés de la côte nord de Bretagne. L’activité halieutique a très largement laissé place à la plaisance, avec quelque 250 places sur bouées et 150 places en échouage. Même en cas de très basse mer, il reste un peu d’eau dans le port dû à la présence d’un seuil, qu’une échelle de hauteur d’eau affiche à l’entrée du port. 
     
    Le fond du port est fermé par deux moulins à marée : le Grand Traouïero et le Petit Traouïero. Ils fonctionnaient avec le flux et le reflux des marées et avec les petits bassins de retenue des eaux dévalant de la vallée des Traouïero.
    L'autorisation royale de construction d'un tel édifice fut accordée en 1375, par Charles V. Le petit moulin que nous voyons sur notre chemin vers Trégastel, et qui trempe éternellement les pieds dans l'eau, ne fut toutefois construit qu'en 1764, faisant suite à un moulin plus rudimentaire dont toute trace a disparu.
    Le plus ancien des moulins à marée bretons est à Pen-Kastel (Arzon) il fut établi en 1186... La Bretagne fut le pays de prédiléction de ce type de moulin, en raison de la forte amplitude des marées et de la présence de très nombreux abers (nom breton de la ria, basse vallée d’un cours d’eau remonté par la mer).
    Autour du port de Ploumanac’h, on trouve pas moins de six moulins dans un rayon d’un kilomètre. Ce sont tous des moulins à céréales contrairement aux moulins de l’intérieur souvent spécialisés dans le lin et le papier.
    Le premier moulin, le Moulin Bleu (Milin Glaz) doit son nom à son toit en ardoise ; il est plus connu sous le nom de moulin à mer du Grand Traouïéro.
    L'étang du Grand Traouïerio a servi de bief pour le moulin à marée, en dépendant de la seigneurie qui détenait le moulin et le droit de pêche exclusif sur le site jusqu'à la Révolution française. 
    La vallée des Traouïero aurait mérité un complément de visite... Elle est composée de deux vallées encaissées où serpente le cours d'eau du Kérougant se séparant avant de rejoindre le port naturel de Ploumanac'h pour alimenter les deux moulins à marée. Ce ruisseau est la limite naturelle entre les deux communes de Perros et Trégastel.
    Le Petit-Traouïero arrive au moulin à glace de Ploumanac'h (Milin Ru), le Grand-Traouïero au moulin à blé de Trégastel (Milin Glaz). Ces deux vallées escarpées cachent des chaos granitiques tapissés de mousses et entourés de fougères dans un sous-bois épais de chênes châtaigniers, frênes, aulnes et noisetiers....  Nous reviendrons en voiture !
     
    Le port naturel de Ploumanac'h est un des plus protégés de la côte nord de Bretagne. Il est formé par la réunion des deux ruisseaux du Traouïero (le grand et le petit Traouïero).
    Son accès est difficile mais le port est bien protégé, il fut utilisé dés l’antiquité et les vikings y trouvèrent refuge.
     En 1861, les marins de Ploumanac'h sollicitent du ministère des Travaux publics, l'établissement d'une jetée pour permettre des communications entre les bateaux et la terre par tous temps. 
     
    Le lieu choisi est Pen-an-Crec'h, où les rochers alentour sont utilisés à la construction d'une cale, destinée aux bateaux de pêche locaux. La cale sera construite vers 1883. Aujourd'hui, le port est relativement important car il possède 250 places sur bouées, ainsi que 150 places en échouage. Même en cas de très basse mer, il reste toujours un peu d'eau dans le port due à la présence d'un seuil à -2,55 mètres. Une échelle de hauteur d'eau est affichée à l'entrée du port, qui permet de savoir si le passage du seuil est possible par rapport au tirant d'eau du bateau.
     
    Le second moulin voit son étang, le bassin de retenue où s'engouffre l'eau de mer à chaque marée montante, également alimenté par le Kerougant, minuscule rivière qui a creusé la vallée des Traouiéro.
     
    Le Kommissar Dupin y a fait une de ces célèbres enquêtes. La série télévisée a bien sûr été tournée dans les lieux mêmes décrits par Jean Luc Bannalec, le pseudonyme du fameux auteur allemand francophile.
     
     
    La plage de Tourony est la plage la plus à l’est de la station balnéaire, très proche de la plage de Ploumanach. Cette belle anse de sable fait face au château de Coastérès. On trouve sur la plage et dans l’eau de nombreux rochers avec des formes arrondies, typiques de la côte de Granite Rose dans les environs de Ploumanach. Sur la gauche, on trouve une pinède qui offre un peu d’ombre. Le long de cette plage, on a un grand parking gratuit.
     Depuis la plage de Tourony, se dégage un très beau point de vue sur le château de Costaérès. Cette imposante villa de style néo-médiéval date de la fin du XIXéme siècle. Elle fut édifiée par un riche ingénieur polonais qui en fit sa villégiature après avoir acquis l’île sur laquelle elle est implantée. 
     
    Après Ty Néwiz le chemin s’oriente au sud  : nous arrivons dans la baie de Sainte Anne fermée au nord par l’île Renote, en face Tregastel.
     
     
     
    Poul Palud, situé entre Sainte-Anne et Tourony, se développe suite au passage de la route en corniche en 1918. Au début du XXème siècle, quelques maisons anciennes, maisons de pêcheurs couvertes de tuile, sont construites au bord de l' eau. Le passage de la route en corniche, parallèle au rivage permet à des maisons de villégiature de s' y installer. Si quelques maisons datent du 2e quart du XXème siècle, la plupart sont construites après la guerre.
     
     
     
     
     La plage de Sainte-Anne est la plage du centre-ville de Trégastel. Cette plage offre une magnifique vue sur l’Ile Renote. Les marins et plaisanciers s’affairent car la marée sera haute. 
     
     
    Nous faisons un petit détour pour voir un menhir près de la chapelle Sainte-Anne-des-Rochers. 
     
    Le site où se trouve la chapelle Sainte-Anne-des-Rochers était depuis très longtemps dédié à la vie spirituelle. Ce lieu de la commune était marécageux avec une fontaine et un lavoir. Il y eut aussi un dolmen qui, aujourd’hui détruit, était une dépendance de la ferme du Peulven. Après la fin de l’occupation romaine, c’est un groupe de moines venus de l’outre-Manche qui y installèrent un ermitage avec une petite chapelle en bois. Ce lieu prit alors le nom de Langastel.
    La chapelle est fondée par Jean de Lannion, seigneur des Aubays. Vers 1630, il est lieutenant de la maréchaussée de Bretagne, gouverneur de Lannion, capitaine du ban et de l’arrière-ban de l’évêché de Tréguier, chargé de surveiller les côtes. Il a, en outre, une grande dévotion pour sainte Anne, patronne de la Bretagne, ce qui explique la dédicace de cet édifice. La chapelle est reconstruite en 1787. 
     
    Avant 1928 la chapelle était un simple rectangle de seize mètres sur quatre. Ce n’est qu’en 1928, avec l’arrivée de la mode des bains de mer que la chapelle fut agrandie avec la réalisation d’un transept avec le chœur dans l’aile nord. Son cachet ancien est préservé grâce au réemploi de pierres provenant du hameau de Keravel. En 1933, le pignon fut avancé et la sacristie réalisée. 
    La pierre d’autel provient de la chapelle Saint-Marc à l’Île-Grande qui avait été détruite par la foudre une trentaine d’année auparavant. Sur l’un des piliers de l’entrée de l’église, se trouve le torse sculpté d’un Christ mutilé, en granit de Kersanton, provenant du calvaire du bourg, édifié en 1872. C’est tout ce qu’il reste de la grande croix frappée par la foudre en 1912, issue des ateliers d’Yves Hernot de Lannion.
     
     
     
     
     
    Trégastel recèle en effet quelques uns des plus beaux joyaux de la Côte de Granite Rose : entre l''îlot étonnant de Costaérès, la baie de Sainte-Anne, la plage de Tourony, le port mitoyen avec Ploumanach, et les plages extraordinaires de la Grève Blanche et de l'île Renote, c'est sur le Coz Pors (le vieux port) que trônent désormais l'essentiel des activités de tourisme et de loisirs : hôtels et restaurants, Forum de la Mer (piscine d'eau de mer chauffée), aquarium marin, etc.
    Mais ce serait dresser de Trégastel un portrait bien infidèle que de s'en tenir à cette brève description. Trégastel possède aussi les atouts d'un tourisme "vert" et culturel. L'exploration de la vallée des Traouïeros,  permet de découvrir sous un autre aspect les chaos de Granite Rose : dans une végétation luxuriante d'un intérêt botanique remarquable, les blocs dont disposés en un équilibre étonnant, précaire parfois.
    Même en ville les rochers sont aussi beaux à observer que les belles demeures du début du XXéme siècle.
     
    Nous poursuivons notre périple vers l’Île Renote 
     
     La presqu'île est occupée depuis 150 000 ans, comme en témoignent des éclats levallois et des grattoirs de l’époque moustérienne mis à jour. Un crec'h d'un village troglodyte néolithique est situé sue une propriété dite Crech-Alia. À 80 mètres au N.E. se trouve l'allée couverte de Ty-al-Lia (ou Ty-ar-lia) qui n'est pas accessible car se trouvant sur une propriété privée. Son emplacement n’est pas indiqué et nous ne l’avons pas trouvée. Elle est orientée est-ouest sur une longueur de 12,75 mètres pour une largeur de 2,5 mètres.
    Seule l’une des tables de l’allée reste en place. Des pierres situées à proximité servaient probablement de support au tertre qui autrefois recouvrait la mégalithe. Des fouilles ont été opérées en 1947 ; elles ont permis de mettre à jour divers éléments tels qu’une hache polie, des fragments de poterie, des pointes de silex.
     
    Il s'agissait à l'origine d'une île accessible à marée basse, mais la construction en 1885 d'une chaussée qui la relie au continent, même à marée haute, en a fait une presqu'île. 
     
    L'île présente un chaos granitique qui borde l'eau sur une centaine de mètres. Les blocs de granite sculptés par les agents météoriques donnent des reliefs qui surprennent par leurs arrangements défiant les lois de l'équilibre et leurs formes qui ont fécondé l'imaginaire populaire, d'où leurs noms locaux : palette du peintre, tête de baleine, etc.
     Ce chaos constitue un site géologique d'intérêt régional.
    Le chaos est composé de granite rose à texture grenue (grain plurimillimétrique) qui est en fait un granitoïde de type syéno ou monzogranite. Sa paragenèse est : quartz, feldspath alcalin rose (microcline), feldspath blanc (plagioclase), rare micas noirs de biotite et hornblende. Son altération donne une arène granitique visible au pied des rochers et nommée localement « perré ».
     
    Depuis l’extrémité de l’île Renote, le chaos se poursuit vers Ploumanac’h et son phare. La vue est d’autant plus impressionnante que la marée a dégagé de nombreux blocs.
     
    Nous finissons le tour de l’île par Beg ar Vir une petite pointe. 
     
     Les chaos de granite rose aux formes extraordinaires et les rochers sculptés par les éléments créent un univers magique autour de cette belle plage du Coz-Pors. A marée basse, les îlots sont facilement accessibles. Sur la droite, on trouve une petite plage à proximité du port (embarcadère pour les sept îles).
     
    La suite ne serait qu’une succession de plages : plage de la Grève Blanche, plage de la Grève Rose, plage des Curés, plage de Toull Bihan. Nous n’avons pas fait de différence à marée basse en choisissant l’option la plus directe par le sable dur. 
     
    Par contre depuis Toull Bihan la traversée de la baie éponyme semble aisée au vu des promeneurs et des pêcheurs à pied qui s’y trouve. La plage se situe face à l’île Tanguy dans la suite de la plage des Curés. Cette belle plage de sable s’étend sur plusieurs centaines de mètres de part et d’autre de la rue du Haren et l’île Tanguy est totalement à sec.
     
    La traversée est facile même si nous mouillons quelque peu nos chaussures. Ce parcours direct nous a fait gagner près d’un kilomètre. Le regard en arrière montre l’étendue de cette longue traversée.
     
    En arrivant au sommet de la presqu’île suivant nous sommes face à l’île Jaouen. L’île et l'estran proche ont été utilisés comme carrières au début du XXème siècle (et peut-être antérieurement). Les traces d'extraction sur l'estran sont toujours visibles, d'où était extrait le granite type Agathon pour la construction du viaduc de Morlaix.
    Les vestiges des cabanes des carriers sont encore visibles sur l'Île Jaouen.
     
     
     
    La plage de Landrellec est la principale plage de la presqu’île de Landrellec. Située sur la partie nord, face à de nombreux îlots et îles (dont celle de Jaouen sur la droite), cette plage de sable est très rocheuse. Pour se baigner l’accès à la mer est très restreint à cause des rochers. Par contre, l’environnement est très paisible, on est dans un site naturel protégé.
     
     
     
     
     
    Comme l’hébergement prévu à Penvern n’est pas disponible nous trouvons une solution en écart et plus courte sur le golf de Saint Samson...
     
    Demain le parcours vers Trebeurden sera rallongé d’autant  et nous adapterons le trajet en supprimant la visite de l’île Millau car nous y arriverons trop tard pour en faire la visite à pied sec...
     
    Voici le résumé de l’étape en vidéo :