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jeudi 25 avril 2019

Étape 22 : de Locquirec au Diben (25 km) mercredi 24 avril

 

L’arrivée à l’Île Blanche nous a conduit à faire une étape raccourcie qui s’est terminée avant Locquirec. Des randonneurs rencontrés hier nous ont dit que ce sera une étape de montagne difficile. La météo aujourd’hui annonce de la pluie le matin et ensuite un ciel nuageux. Mais comme nous à dit Papinou : « la météo sur la côte est très changeante et peut ne pas correspondre aux prévisions. »
Alors nous verrons bien.

Nous prenons notre petit-déjeuner avec la même dame que la veille qui vient participer à une formation sur les enfants « dys ». La conversation est passionnante mais hélas il nous faut quitter ce lieu agréable.

Nous retrouvons l’Anse de Porz Morvan sous un autre aspect, puisque ce matin elle est en eau..


Cependant, la plage du Fond de la Baie , très grande plage de sable fin, nous permet de marcher sur du sable dur, bercés par le clapotis des vagues. Elle dispose d’un cadre somptueux et de couleurs magnifiques par tous temps, tapissé de pins sur le flanc droit, de la perspective du port de Locquirec à sa gauche et adossée à un camping  discret et arboré dont Toul ar Goué marque la fin et une orientation différente du trait de côte.

Nous longeons la plage de Traon at Velin qui se situe à proximité du port et du centre-ville de Locquirec. C’est une plage de galets et nous passons au-dessus de la  plage du Port qui est très agréable, exposée au sud, abritée des vents et située au centre de la vie du village. Les terrasses des cafés et restaurants sont à deux pas. La vue sur la pointe de l’Armorique et les falaises de Trédrez nous rappelle le parcours d’hier. 

 Le bourg de Locquirec s’est formé autour de l'église et du port de plaisance. Le bourg de Locquirec est longtemps resté peu peuplé : ainsi en 1886, le bourg ne comptait que 232 habitants. Aujourd’hui, il est bien plus grand avec des constructions datant pour l’essentiel du siècle dernier. Le marché est fort vivant avec des odeurs qui stimulent notre appétit, il faut résister !


Le sentier de randonnée chemine à travers les ruelles du bourg, en passant par l’église Saint Jacques. Le clocher à tourelle de l'église Saint Jacques date de 1634, il est de structure solide, résistant aux vents du large. De style Beaumanoir, il est flanqué d'une tourelle abritant un escalier à vis surmonté d'une coupole sur laquelle se dresse la statue de Saint Jacques.
 L'Association des Amis de l'Art Religieux de Locquirec fait une description détaillée de l’église  pour ceux qui voudraient en savoir plus.

Le retable du maître-autel porte en haut-relief des scènes de la Passion d'une exécution très archaïque et ayant le caractère du XVème siècle. 
En bas-reliefs sur l'autel, en forme de tombeau, plusieurs saints :
- Saint Jean l'Evangéliste qui fut l'un des premiers disciples du Christ.
- Saint Jacques Le Majeur, qui protégeait les marins pêcheurs.
- Saint Mélar, Sainte Barbe et Saint Claude.
Le triptyque de Notre Dame de Bon Secours date des XVème et XVIème siècle.


L'ensemble est en réalité un « arbre de Jessé ». L'intérieur des volets, orné de bas-reliefs polychromes représente six scènes de l'enfance de Jésus : l'annonciation, la visitation, la nativité, la visite des mages, la présentation au temple et la fuite en Egypte.
Le plus grand ex-voto dit « la Cordelière » est porté en procession par des marins pour la bénédiction de la mer lors du pardon qui a lieu fin juillet.
Devant l’église, une borne indique le point de départ du pèlerinage vers Compostelle qui se trouve à seulement 1927 kilomètres...  

Locquirec fait partie des cinq départs de pèlerinage jacquaire de Bretagne et il passe par Gourin la terre de mes ancêtres bretons.


Le calvaire côté sud, de chaque côté du calvaire nous trouvons Marie et Jean et côté nord nous remarquons Saint Pierre et Saint Jacques qui entourent la Vierge Marie. Enfin côté Est et Ouest, des faces de diables cornus et grimaçants....

Comme autrefois l'enclos paroissial recevait le cimetière. A Locquirec, en 1941, pour élargir la route devenue trop étroite, le cimetière fut transféré dans la "Nouvelle Côte".

Un peu plus loin le majestueux Grand Hôtel des Bains rendu célèbre par le film « L’hôtel de la plage », mais il n’est pas dans les prix de notre journée moyenne sur le GR34. 

Nous buvons une bière en trompe l’œil au bar Roc’h Kouézet.

Le sentier offre de magnifiques vues panoramiques sur la côte de la Baie de Locquirec jusqu’à l’entrée de la Côte de Granite Rose. Le petit îlot de l’Ile verte se découvre à marée basse pour le plus grand bonheur des pêcheurs. 
 
La pointe du château doit son nom au Casino construit dans les années 30, lieu de rencontre et de loisirs très prisé par les Locquirecois, malheureusement détruit par les bombardements pendant la guerre.
 À la pointe, on peut voir de très belles villas, un ancien blockhaus... 

et l’emplacement d’une ancienne ardoisière qui atteste du riche passé marchand de la ville. 
Cette pierre de schiste bleu est encore visible sur le bâti ancien de Locquirec.

La plage de Porz ar Villiec est la seconde plage proche du centre de Locquirec mais elle est moins en vue que la plage du port car exposée au nord et parfois plus ventée. Pour cette raison en partie, c'est un spot de surf très prisé, même si c'est aussi un lieu apprécié des familles car plus vaste que la plage du port, et plus propice aux jeux de plage. Nous observons les surfs et paddles un instant. L’attente de la bonne vague est un exercice subtil, certains excellent pour se dresser au bon moment et glisser pendant une trentaine de secondes vers le rivage.
    Nous avons évité la pointe du Corbeau qui domine le grand large et offre une vue exceptionnelle à quasiment 360 degrés pour aller faire nos courses du jour Au P’tit Marché. 

    Nous retrouvons le GR34 aux Sables Blancs, plage de sable fin,  avec de jolies dunes et des rochers. 

    Le sentier est en bord de falaises et pour l’heure facile. Notre regard porte vers le futur... des pointes, des criques, des montées et des descentes.

    La plage du Moulin de la Rive avec son exposition plein nord et ses rouleaux est un spot de surf réputé. La plage avec galets et rochers, est souvent prisée par les surfeurs en raison de la puissance de ses vagues. Encadrée par de charmantes maisons bretonnes, la plage du Moulin de la Rive descend en pente douce sur des galets avant de rejoindre un sable clair qui de part et d’autre dissimule des rochers. 
    Ainsi nommée parce qu’un moulin s’y trouvait, le site archéologique du Moulin de la Rive a su livrer de nombreux témoignages de son passé gallo-romain, notamment des morceaux de poterie datant du 1er siècle avant JC. 
    La large pointe de Marc'h Sammet, plus résistante, a conservé sur sa hauteur une belle unité de lande à ajoncs et bruyères qui culmine à l'altitude de 78 mètres. La déclivité est graduelle jusqu'au trait de côte et la hauteur de la falaise reste moyenne, de l'ordre de 15 mètres. La bande côtière est surtout occupée par des fourrés arbustifs de prunelliers ou, surmontant l'anse du Moulin de la Rive, par des formations boisées lâches de coteaux à caractère mésohygrophile (à Saule roux, Tremble,...). Un petit secteur de lande et fougères est enrésiné en pins. Helter Skelter est le nom du manège célébré par les Beatles qui me vient à l’esprit en descendant vers le bas, après il faudra remonter.

    Nous approchons de la plage de Poul Rodou la plus éloignée du centre de Locquirec et sans doute le plus tranquille. 
     

    Nous jetons un regard en arrière pour dire au-revoir à Locquirec.

    La marche en bord de falaises est agréable avec vue sur les récifs et rochers proches.

    La plage du Moulin de Trobodec (également appelée plage de Vilin Izela est un haut-lieu de la Résistance. 
    Une stèle sur l'aire d'arrivée en célèbre les hauts faits. C'est ici que les corvettes anglaises déposaient les informateurs résistants préparant le débarquement, dont François Mitterrand (alias Morland) en février 1944. En tout cas, ici le vague à l'âme ne fera pas longtemps de résistance, tant la plage est charmante, surplombée par la pointe de Beg-an-Fry, ceinturée de rochers et semée jusque dans l'eau de récifs. En soirée de fin de saison, la falaise jette parfois une ombre sur ce trop joli tableau.
     
    Nous reprenons notre marche sur un chemin encore facile. Mais nous arrivons près de Beg an Fry et chemin de montagne devient le bon qualificatif. Le sentier grimpe de façon abrupte vers le sommet de la pointe. C’est une pointe majestueuse, sauvage, à couper le souffle. La nature y est abrupte et préservée, tombant à pic dans la mer. 




    C’est la côte très déchiquetée et vallonnée du Trégor, qui nous amène à la Pointe de Runglaz 

    La pluie nous rattrape, nous mettons nos pèlerines. Avec les rafales de vent et le risque de glisser dans ces montées et descentes abruptes nous optons pour un parcours GR34 grandes marées moins risqué qui nous permet d’apercevoir la mer...


    Ce parcours sur le plateau nous donne l’occasion de voir la plantation d’artichauts dans un champ préalablement préparé. Le tracteur suit la marque laissée par une roulette à droite de l’attelage, quatre hommes assis piquent les plants d’artichauts en les insérant entre des roulettes. La mécanisation n’a pas encore été poussée à son paroxysme, l’homme est encore nécessaire pour un temps.

    La pluie s’étant arrêtée nous reprenons contact avec le GR34 à la pointe de Beg Gracia.  Ici le navire «  King Edward III »  fut déchiqueté par les rochers de Beg Gracia, le 9 décembre 1894. Il y eut quatorze victimes.

    Quel plaisir de retrouver ces descentes et montées ! La pointe de Primel est face à nous et point positif les falaises sont bien plus basses.


    Pour l’heure, c’est toujours plus haut. Nous avons le bonheur de tomber sur un champ de jonquilles quelque peu difficiles à ramasser.

     Le chemin des douaniers descend ensuite sur la plage du Bourg, partagée entre deux communes: Saint-Jean-du-Doigt à l'est, Plougasnou à l'ouest. 
    Seuls les galets restent visibles au plus fort de la marée haute. Sinon, le sable est bien présent. C'est un spot apprécié des surfeurs et windsurfers mais ils sont aujourd’hui à Locquirec...

    Après avoir longé la plage, le GR34 poursuit le long de la route, une longue ligne droite en montée. Nous sommes fourbus et nous prenons la décision de couper en passant par Plougasnou au lieu de faire le tour de la presqu’île sans grandes difficultés. C’est dommage il nous faudra faire le tour.... 

    Voilà ce que nous avons manqué !
    De la pointe de Primel, le panorama s’étend de la baie de Saint Pol de Léon à la côte de Trébeurden, on peut voir au large le phare de l’île de Batz et l’île aux Moines (les 7 îles).
       
    La pointe de Primel est un site historique, de par les nombreux vestiges qui s'y trouvent, témoins de l'occupation du site depuis la Préhistoire. Le sentier des douaniers, qui longe toute la pointe, permet de faire le tour de Primel et de découvrir tous ces vestiges, ainsi qu'un panorama exceptionnel sur la mer et sur la baie de Morlaix.
    Du sommet du grand rocher on domine la mer de près de cinquante mètres. Cette pointe granitique se trouve détachée de la presqu'île par «  le Gouffre » , couloir de 8 à 10 mètres de large dont les roches les plus tendres ont été érodées par la montée des eaux, il y a 10 000 ans. La presqu'île qui relie la pointe au continent est due à la rencontre de deux courants, dont l'accumulation des dépôts, a formé sur une longueur de 35 mètres ce que les géologues nomment une queue de comète.
    Cette disposition du site a incité les hommes à y trouver un moyen de se protéger et de se défendre derrière les lignes de granite renforcées par des empilements de pierres et constituer ainsi un éperon barré qui profite de l’accès difficile à cette extrémité, tant côté terre que côté mer. La Pointe de Primel, formée de rochers granitiques qui culminent à 48 mètres, et entourée d'écueils, forme une forteresse naturelle, occupée depuis le mésolithique par les hommes qui y aménagèrent cet éperon barré protégé aussi par une triple ceinture de remparts. Au cours des siècles, la position stratégique de la pointe de Primel a été disputée par de nombreux belligérants. Les Vikings y ont pris pied dans les années 800 à 900. Les Anglais s'y sont installés pendant la guerre de cent ans, et même après, comme tremplin pour l'invasion du continent. Vers 1490, les Morlaisiens aménagent le site en poste de vigie pour la surveillance du trafic maritime. Pendant les guerres de la Ligue, les Espagnols, alliés des Ligueurs, en font une place forte. Sous Louis XIV, Vauban y place une batterie de deux canons en complément du renforcement du fort du Château du Taureau qu'il vient de réaménager. 
    Sur les hauteurs de la pointe de Primel, au milieu de la lande et des roches granitiques, se trouve la maison du douanier abandonnée. Construite en pierre taillée avec un toit en ardoise, elle n'a plus ni porte ni fenêtre. Auparavant, c’était un corps de garde faisant partie du système défensif de la baie de Morlaix, il surveillait l'anse du Diben et l'anse de Primel. Puis, au XIXème siècle il devint une maison de douanier chargé de veiller au blocus continental décrété par Napoléon 1er.

    La montée jusqu’au bourg de Plougasnou est longue et difficile. La vue du clocher qui se rapproche annonce la fin de la montée.

    L’église Saint Pierre eut mérité une visite, mais nous allons au café boire une bière pour profiter de la station assise et de nous abreuver car nous avons terminé nos réserves en eau avant d’aborder les trois derniers kilomètres vers Le Diben.

    Nous profitons de la descente pour marcher plus vite, nous retrouvons le GR34 qui passe vers le moulin Tromelin puis nous arrivons dans l’anse du Diben.  C’est tout de suite l’Abesse et notre hôtel. Un panneau indique que l’hôtel est fermé le mercredi et qu’en cas d’absence il faut appeler un numéro. Nous nous asseyons sur une table dehors pour faire le point. La porte de l’hôtel s’ouvre, une jeune femme nous demande ce que nous voulons... il y a eu méprise de date et malgré tout ils nous hébergent. Par contre, pas de restaurant ce soir. Les plus proches sont à Primel. Du coup à 7 heures, la jeune femme nous a gentiment accompagné en voiture, sinon nous aurions pioché dans nos dernières réserves : des pruneaux et un bout de saucisson. Tout finit bien....

    Nous reviendrons à l’hôtel mais en voiture pour profiter du restaurant.

    La marée est montées rapidement, les bateaux flottent quelques deux heures après notre arrivée.


      
    Demain une autre longue étape jusqu’à Morlaix mais avec bien moins de dénivelé.

    mercredi 24 avril 2019

    Étape 21 : du Yaudet à Locquirec (27 km) mardi 23 avril

     
     
     
     
     
    Nous commençons notre journée par une belle descente sur la route, à vue de nez la pente est de 25%. Nous allons atteindre le rivage en bas... Les couleurs sont belles malgré une légère couverture nuageuse.
     
     
     
    Pont Roux représente la limite territoriale entre la commune de Ploulec'h et la commune de Ploumilliau. C'est le pont en bois puis en pierre que traverse le cours d'eau du Yaudet, qui a qualifié ce site valonné, coupure entre les deux falaises. La côte de Pont-Roux, qui conduit au hameau du Yaudet, est urbanisée. Au début du XXème siècle, le hameau de Pont-Roux était habité par les pêcheurs du Yaudet et des marins de la marine marchande. La côte de Pont-Roux alignait ces modestes maisons de pêcheurs. 
     
    Selon la tradition orale, on disait que celui qui était capable de monter la côte sans se retourner une seule fois devait se marier dans l'année.
     
    La plage de Pont Roux possède une zone sableuse réduite mais de minuscules criques tout autour et la faible hauteur d’eau permettent toujours de dénicher un petit coin. La vue sur la baie de la Vierge est magnifique. L’éperon barré du Yaudet est une évidence naturelle vu de la plage.
    On pouvait apercevoir la "péniche" des douaniers qui parcourait le Guer à l'entrée du Yaudet.
     
    Le sentier en bord de falaises est agréable malgré quelques premières montées et descentes.
     
    Le balisage indique notre première cible de la journée Locquemeau puis Saint Michel en Grève suivra...
     
    Le sentier piétonnier descend vers la plage, une pancarte rappelle les obligations des promeneurs alors qu’une propriété à main droite a confisqué l’accès au littoral !
     
    La plage de Saint-Quiriou se trouve à l’embouchure de la rivière du Léguer, admirablement protégée et majestueuse à marée haute. Orientée au nord, elle est de plus ombragée. Nous y avons trouvé un baigneur matutinal et un gentil dragon...
     
    An Dourven marque l'embouchure du fleuve Léguer et constitue l'un des avant-postes du Yaudet. La pointe est un plateau qui s'amenuise au Nord par un suggestif chaos rocheux. Le flanc ouest de la pointe est exposée à quasi tous les vents, alors qu'à l'est, la mer a son effet lagon et les arbres sont plus exotiques. 
    La pointe du Dourven embrasse toute l'embouchure de l'estuaire du Léguer, Deux rochers portent des balises : Darlaskenn Vras (la Grande Tique) et Poulmadoguen. Compte tenu de sa position stratégique, la pointe du Dourven a été fortifiée à différentes époques, en particulier, on y a découvert les vestiges de fortifications gallo-romaines.
     
     
     Le corps de garde du Dourven, du XVIIIème siècle, associé à une guérite rappelle l'histoire militaire de ce site patrimonial. Ce corps de garde,  construit en granite et schiste, dispose de à deux pièces : une pièce d'habitation rectangulaire avec une cheminée et une pièce secondaire servant de magasin à poudre. La toiture à deux pentes est couverte de schiste et le couvrement de l'espace intérieur est formé par une voûte en berceau plein cintre. Il est pourvu d'une fenêtre au nord et de deux portes au sud. Accolée au pignon ouest, une guérite circulaire couverte en pierre de 180 cm de diamètre extérieur, munie de 3 meurtrières, est construite avec les mêmes matériaux que le corps de garde.
     
     
     
     
     
     
     
     
    Le lieu Dourven, qui signifie en breton « pierre bruissante » a inspiré poètes et musiciens. En face de nous, Locquémeau et la pointe de Séhar dont l’altitude des habitations laisse à penser qu’elles sont vulnérables face aux grandes tempêtes.
    La plage de Notigou à nos pieds propose, par beau temps, une vue magnifique sur la baie de Lannion, Trébeurden et l'Ile Millau au large, le port de Locquémeau à gauche. Aujourd’hui nous n’avons pas cette visibilité ! 
     
     
    Le chemin navigue parmi les pins maritimes plantés dans les années 1930. A cet endroit appelé « an Drezeier », les ronciers, le sous-sol granitique est remplacé par un fond schisteux qui se poursuit vers l'ouest. 
     
    Les pins se sont adaptés aux dures conditions climatiques en poussant selon des angles inimaginables.
     
    Le phare de Locquemeau dont la lampe est en haut d’un pylône pyramidal blanc en acier et au sommet rouge. Le feu à une portée de sept miles nautiques soit environ 14 kilomètres.
     
    La plage du Port de Locquémeau mérite bien son nom breton d’« an Aod vraz » (la grande côte). Elle mesure en effet près d’un demi-kilomètre. Relativement agréable à marée haute, elle est témoin de l’activité du port de pêche, de plaisance et aussi des petits voiliers de l’antenne décentralisée du centre nautique de Plestin-les-Grèves. . 
    La pointe de Sehar se trouve à l’extrémité de la presqu’île jointe à la terre, à l’origine, par deux cordons de galets. En breton, la Pointe de Séhar se nomme Beg Sec’h, ce qui se traduit par pointe sèche. 
    A la fin du XIXème siècle, une route fut aménagée sur l’un des cordons afin de favoriser le développement du port de Locquémeau, en pleine expansion sardinière.
    Entre les deux cordons de galets s’étend le petit étang du Vorlenn. A l’origine, celui-ci était recouvert par la marée deux fois par jour. Des travaux de remblaiement au cours des années 70 l’ont, en partie, comblé. Bien que réduit, l’étang a été conservé ; aujourd’hui, il accueille des oiseaux migrateurs et abrite une flore rare et spécifique.  Sur la façade est de la presqu’île se trouve une grève de galets et de sable appelée « an Aod Bras » (la Grande Plage, en breton). Devant cette plage est aménagé le port de plaisance de Locquémeau. 
     
     
    Une digue a été reconstruite récemment preuve du combat perdu contre les tempêtes. Le chemin se poursuit en bord de falaises, nous ne connaîtrons plus l’univers du plat avant Saint-Michel-en-Grève qui là-bas au bout de la falaise !
    La Pointe de Séhar marque le début de la falaise de Trédrez. La côte rocheuse est une falaise très préservée sur environ 4,5 kilomètres, depuis le site du Vorlenn au Nord près du bourg de Locquémeau à la plage de Toul-ar-Vilin au Sud près de St-Michel-en-Grève. 
    Nous voyons Locquirec et la pointe de Primel encore plus loin.
     
    Le chemin n’est qu’une longue suite de montées et descentes avec parfois des passages plus techniques.
     
    Les zones plates permettent d’avancer plus vite, mais chaque montée ou descente rappelle que les genoux sont fatigués.
    La falaise d’une vingtaine de mètres de hauteur est exposée et en érosion continue en de nombreux endroits, des pointes plus résistantes font saillies : principalement les pointes de Malabri, de Beg ar Neon (Beg an Evned), et de Beg ar Forn. Les versants assez pentus s’élèvent jusqu’à la rupture de pente du plateau à 75 mètres d’altitude environ. La géologie très complexe est dominée par des formations schisteuses d’origine volcano-sédimentaire. Les affleurements rocheux sont assez fréquents et à différents niveaux de la pente. 
     
     
    Encore une belle descente. Le chemin dans les falaises nous semble sans fin !
     
    Le sentier nous conduit enfin jusqu’à Saint Michel en Grève qui est annoncé par la fin des falaises et par la plage de Toul ar Vilin, qui est située à droite de l'église et de son cimetière marin. Cette crique est peu large à marée haute, plus rocheuse côté port, plus sableuse côté bourg. Elle est exposée plein sud, ce qui est rare pour une côte nord. 
     
     
    Le village est bien préservé des constructions anarchiques ce qui lui confère un charme particulier.  À l'origine, au Moyen Âge, cette commune vivait essentiellement de son agriculture, elle connut un essor important avec l'arrivée du tourisme. Le village a compté jusqu'à six hôtels répartis dans la rue principale, il n'en reste plus aucun aujourd'hui.
     
    Une voie romaine y passait. 
     
     
    L'église Saint-Michel date du XVIIème siècle mais le clocher est du XVème siècle. Elle est construite sur des vestiges gallo-romains.  A cette époque, quand on voulait construire des édifices importants, surtout des églises, on n’avait aucun scrupule à exploiter comme carrières les quelques monuments gallo-romains existants, dont les ruines aux lignes correctes plus ou moins ébréchées dressaient encore çà et là, dans les bois et les campagnes solitaires, leurs murailles imposantes. A l’ouest s’élève une tour sans ouverture surmontée d’une balustrade et d’un étage en retrait percé de deux baies sur chaque face; une flèche orthogonale en pierre surmonte la tour.
     
     
    On remarque dans le mur du chevet, à l'extérieur, une curieuse statue de saint Michel. 
     
    La vieille porte d’entrée est remarquable, dommage que la couleur ne mette pas en valeur les bas reliefs.
     
    L'église abrite par ailleurs quelques statues anciennes de saint Michel, de saint Yves, de saint Loup (XVIIème), de sainte Marguerite et de sainte Anne. 
    Dédié à l'Archange, l’église de Saint-Michel-en-Grève comprend une nef flanquée de bas-côtés qui comptent au nord quatre travées et trois seulement au sud formant trois chapelles perpendiculaires à la nef principale; elle est terminée par un coeur à chevet plat. 
     
    Pour autant, c'est le cimetière marin qui jouxte la plage qui fait la célébrité de l'église. Des vestiges de thermes romains y ont été mis au jour.  À marée haute les flots viennent battre le mur du cimetière dans lequel son clocher s’élève. L’infini de la plage et de l’océan pour l’éternité !
     
     
    Le monument aux morts est tout simple.
     
    La plage de Saint Michel en Grève fait partie de la Lieue de Grève et s’étend le long de la route départementale. Cette vaste plage de sable est peu fréquentée à cause de la présence d’algues vertes. Le nom de Lieue-de-Grève est une réalité car les plages Saint-Efflam, Pont ar Yar et Saint-michel cumulent quatre kilomètres de plages ininterrompues.
     
    Le Grand Rocher domine de ses 84 mètres la Lieue de Grève et la baie de Saint  Efflam. Des sentiers permettent de grimper à son sommet d'où les courageux bénéficient d'une superbe vue sur la baie. A marée basse, la mer se retire ici sur prés de 3 kilomètres. La pente de la baie étant très faible, la marée monte à une très grande vitesse comme au Mont St Michel. 
     
     
     
    La plage de Saint Efflam est l’une des plus vastes du département. L’espace dégagé à marée basse est impressionnant, ce qui en fait l’une des seules plages dédiées au char à voile. Elle sert aussi occasionnellement d’hippodrome lors de courses spectaculaires de chevaux. Ses dunes préservées et la présence du Grand Rocher lui conservent un aspect naturel et ses villas surannées un petit air d’antan. La vue sur la baie de Saint-Michel est splendide. Elle forme un arc de cercle exposé nord-ouest. C’est la plage où le roi Arthur et Saint-Efflam sont censés avoir tué un dangereux dragon. 
    Après une pause dans le seul bar ouvert de Saint-Efflam, nous reprenons notre longue marche cette fois ci vers le nord. Nous passons devant un joli manoir qui est en passe d’être remis en état.
     
    La fontaine de Saint Efflam date de la fin du XVIème siècle. Le bassin de la fontaine est protégé par un monument important de style classique. Construit en granite, celui-ci comporte quatre faces percées chacune d’une arcade ; un dôme en schiste couvre le monument.  Deux niches au-dessus du bassin abritaient autrefois les statues de Saint Efflam et de Sainte Enora, son épouse. La fontaine Saint-Efflam a la réputation d’être une fontaine de prédiction. Ainsi, selon la tradition, en jetant des morceaux de pain dans le bassin, on peut prédire un prochain mariage ou même définir l’identité des voleurs.
     
    La Chapelle de Saint Efflam est au-dessus de la fontaine, elle a été construite en 1883 à l'emplacement d'une ancienne chapelle. La légende latine de saint Efflam a dû être inventée à partir du XVème siècle et pourrait être attribuée au clergé plestinais, vers l'époque du recteur Le Sparler. Les reliques du saint ont été transférées à l'église du bourg. Saint Efflam, moine irlandais (né en Hibernie en 448), aurait débarqué selon la légende sur les grèves de Plestin en 470, avec ses compagnons Mellec, qui donna son nom à Pors Mellec, Kirio, à la plage de Kirio, Carré au lieu-dit Lancarré, Quémeau, Haran, Nérin et Eversin.
     
    Juste après on remarque les traces des anciennes ardoisières de Saint-Efflam, sous forme de déblais de taille sur l’estran. 
     
     Le sentier se poursuit plein nord jusqu’à Beg Douar dont la pointe est prolongée par une cale qui protège le petit port de 115 places.
    Nous prenons l’option plage jusqu’au petit port ce qui a l’avantage de nous éviter les montées et descentes mais par contre nous avons mouillé nos chaussures à cause des ruisseaux à traverser...
     
     
    Nous retrouvons avec plaisir le sentier côtier qui reprend sa fâcheuse habitude de monter et descendre. Depuis le Beg Douar, le parcours pointe vers l’Ouest.
    La plage de Porz-Mellec est connue des seuls initiés. Dans une crique de sable blanc et fin, elle est bien abritée par les rochers et la végétation, très agréable en journée, elle se couvre d’ombre au soir à cause des grands arbres. 
     
     
     
    La pointe de Plestin est l’ultime relief granitique des côtes d'Armor, la Pointe de l'Armorique a pris le nom du pays qui l'abrite et garde jalousement la passe du ruisseau qui en constitue la frontière : le Douron. De Beg Douar qui protège le port de plaisance jusqu'aux Rochers d'Argent qui ouvrent le petit estuaire sur la mer, le chemin des douaniers épouse les replis de vertes falaises abritant de petites plages. Il prend alors le nom évocateur de « sentier de la Corniche », offrant des vues en enfilade sur les côtes allant de la Pointe de Locquirec aux îles mouillant au large de Trebeurden.
     
    Tossen ar C’haz est une suite de petites criques plutôt qu’une plage. Nous approchons de nouveau du monde du plat avec la grève des Curés.
     
    La grève des Curés est orientée nord-sud, elle est ouverte sur le grand large. Au sommet, un panorama splendide sur la baie de Locquirec. 
    Les thermes du Hogolo ne sont pas un nouvel espace hélio-marin.  Les Romains apprirent des Grecs l'usage et les bienfaits des bains. C'est ainsi que, partout où ils s'établirent en communautés d'une certaine importance, ils construisirent des complexes tels celui de Plestin. Pour peu que l'eau fut à disposition en quantité suffisante, les architectes dessinaient et faisaient édifier des lieux d'ablutions dont la plupart disparurent peu de temps après leur départ. Les galères romaines parcourant les côtes d'Armorique trouvèrent en ces lieux un havre naturel que ces hommes venus du sud s'empressèrent d'aménager afin d'y faire commerce. 
     
     
     
    C'est ainsi que dans la première moitié du premier siècle de notre ère, ils édifièrent cet établissement. Les thermes gallo-romains du Hogolo en Plestin sont les mieux conservés de Bretagne.
    Ils avaient pourtant presqu'entièrement disparu, perdant, comme bien souvent, l'essentiel de leurs matériaux au profit d'autres constructions dont certaines dévoilent encore une partie de ces rapines. Un beau jour de 1892, le hasard d'un trait de labour en exhumera les fondations et quelques pans de murs oubliés sous les terres qui les avaient progressivement couverts au cours des siècles. Des fouilles entreprises en 1938 cesseront deux ans plus tard et le site sera, une nouvelle fois, partiellement comblé. Un habitant de Plestin redécouvrira la partie chaude des thermes et, se prenant de passion pour cet endroit chargé d'histoire et la plage de sable fin qui en était presque le jardin, ... s'en fit une demeure qu'il occupera jusqu'à la fin des années 70. A sa mort, le département acquerra le site et le mettra en valeur pour l'ouvrir au public en 1993.
     
    La plage du Hogolo  offre un cadre de grande beauté. Le matin, les grands arbres lui font de l’ombre. 
     
    La Tourelle de Pichodour est en pierres de granite maçonnée balisant le chenal d'accès de Toul an Héry. La balise a été peinte de couleur rouge après avoir été peinte en noir. La tourelle de Pichodour balise l'entrée du chenal du Douron pour parer le danger de la roche du même nom, côté babord.
     
     
     
    Toull ar C’hirri en breton signifie littéralement le « trou des charrettes ». Le port de Toul an Héry s'étire de la pointe de l'Armorique à la pointe de Locquirec. La Révolution y affecta une brigade des douanes. Sous l'Ancien Régime, les exportations consistaient surtout en céréales et toiles de lin à destination de l'Angleterre ou de l'Espagne, qui transitaient par Morlaix et Bordeaux. Le port disposait d'une flottille de 12 à 15 barques de pêche. 

    Le port de Toul an Héry était considéré comme un « port oblique », c'est à dire comme un port d'une certaine importance dépendant d'un siège d'Amirauté celui de Morlaix en l'occurence où était installé un receveur de droits. Cependant, le port de Plestin-les-Grèves n'est pas le centre d'un grand commerce maritime et il ne figurera plus dans les formes de statistiques des congés de navigation de l'Amirauté après 1730, largement dépassé par la concurrence des ports de Morlaix et de Lannion, qui disposent d'infrastructures portuaires plus élaborées. Le chenal de « Toul-ar-Hiri » est encore cité à l'attention des navigateurs sur la carte de Belin vers 1770. 
     
    Pendant la Révolution, le port va connaître un regain d'activité et de commerce en contrebande des céréales vers la Grande-Bretagne et les îles anglo-normandes.

    En 1848, fut enfin édifiée une jetée pour l'accostage des caboteurs et le chenal fut balisé par plusieurs perches en bois et une balise en pierre maçonnée (Pichodour). Cependant, peu de navires avaient Toul an Héry comme port d'attache, à cause des bancs de sable qui obstruaient le chenal d'entrée, mais plutôt comme port d'embarquement ou de débarquement.


    Avant de disposer d'un pont sur le Douron au milieu du XXème siècle, le port de Toul an Héry utilisait les services des passeurs et de leurs bacs entre les deux rives du Douron. Les vestiges de la maison du passeur et de l'ancienne ferme dite de Toul an Héry, sur la rive finistérienne, proche du manoir de l'île Blanche, les anciens magasins ou entrepôts du manoir du Puils, les riches demeures d'armateurs ou de négociants, l'ancienne caserne des douanes et manoir de Beauport, la chapelle Sainte-Barbe, entourée d'un bâti de caractère, structurent encore le paysage architectural et portuaire de ce lieu et participent de son attrait patrimonial et historique.
    Le commerce du lin florissant au XVIIème siècle a laissé comme témoignage architectural le manoir de l'île Blanche sur la rive gauche du Douron, construit par le filotier et commerçant Richard de La Haye, originaire de Plouaret. C'est vers cette époque florissante que se sont construits les manoirs et les maisons fortifiées bordant l'estuaire. Les seigneurs locaux disposaient d'un droit de pêche exclusif dans la rivière qui baignait leur propriété. C’est là que finira l’étape pour aujourd’hui.
     
    Le Douron, long de 28 kilomètres, naît sur la commune de Scrignac. Elle est bordée par la « corniche de l'Armorique » (côté Plestin). Il constitue la limite des départements du  Finistère sur sa rive Ouest et des Côtes-d'Armor sur sa rive est.
     
    C’est ainsi qu’avec le franchissement du Douron nous arrivons dans le Finistère.
     
     
     
     
     
     
     
    Le Manoir l’île Blanche s'organise en forme de U autour d'une cour, l’ensemble des bâtiments est construit en moëllon, schiste calcaire de couleur vert-bleue, dite « pierre de Locquirec ». Les corps de logis et les communs forment plusieurs pavillons qui s’étendent jusqu’à l’arrière de la propriété. Les tours et les toitures du manoir sont recouvertes d’ardoise. Sa construction serait inspirée d'un château anglais offert par Henri VIII à l'archevêché de Canterbury. En 1926, le manoir fut acquis par la Congrégation des Filles du Saint-Esprit du Diocèse de Saint-Brieuc qui aujourd’hui encore anime le domaine. Un calvaire, dressé sur un massif rocheux, est composé d’une grande croix fleuronnée avec crucifix avec à sa base, quatre personnages grandeur nature (2 hommes et 2 femmes), représentant la Mise au tombeau du Christ. L’Île Blanche aujourd’hui est une maison d’accueil où il est possible à tout un chacun de séjourner et pour les randonneurs de faire une halte pour une nuit. Ce choix rccourcit l’étape de 2 kilomètres. Ce qui tout compte fait compense avec l’étape suivante (27+25 ou 25=27).
     
     
    Voici la vidéo de l’étape :