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mercredi 17 avril 2019

Étape 14 : de Loguivy à l’Armor Pleubian (30 km) mardi 16 avril

 
 
 
 
 
 
 
Après une excellente nuit chez Jean-Pierre et Louisette, il nous faut hélas poursuivre notre périple. Jean-Pierre nous ramène à Loguivy-de-la-Mer et nous dit : « Vous verrez toute la journée le Château d’Eau de Ploubazlanec ! ».
 Nous allons pouvoir le vérifier. Malgré son dos endolori, Jean-Pierre nous accompagne vers la Roche aux Oiseaux.
 
Nous quittons donc  Loguivy-de-la-Mer, capitale du «  bleu de Loguivy »  : le véritable homard breton ! 
 
Nous allons pénétrer la longue ria du Trieux qui est caractérisée par la fin de l’estuaire vers Roc’h Hir, un amour de petite plage. Sa vue remarquable sur le site classé de la Roche aux Oiseaux et son centre nautique, complètent un tableau empli de charme et de douceur.
 
 
 
 
Nous poursuivons le sentier douanier jusqu’à la Roche aux Oiseaux (Roc'h an Evned en breton). Les traces des premiers habitants ont essentiellement été trouvées sur les hauteurs comme cet oppidum, observatoire exceptionnel sur l'embouchure du Trieux. À cette époque, il s'enfonçait bien plus loin vers le nord. Les îles et rochers aujourd'hui entourés par les eaux, étaient accessibles à pied sec, ils faisaient alors partie des terrains de chasse des premiers habitants. 
Surplombant l'estuaire de la vallée du Trieux qui, à cet endroit, prend toute son ampleur, nous pouvons en balayer le cours jusqu'à perte de vue. Au nord, il se perd dans la Manche après avoir léché les côtes de Bréhat et isolé l'île Modez. 
 
Nous passons devant un pin parasol remarquable qui a servi d’arbre d’escalade à des générations d’enfants.
En face, au delà de la petite île qui abrita un poste de douaniers, la colline de Kermouster descend vers la plage menant à l'île à Bois.
La Roche aux Oiseaux, entourée d'arbousiers, l'arbre aux fraises d'origine méditerranéenne, est probablement le premier lieu d'établissement de l'homme sur le territoire de Loguivy. Ancien éperon barré, il a incité les archéologues à des fouilles approfondies afin de tenter de connaître son histoire. Dès le paléolithique, puis au néolithique, ce site et ses abords ont hébergé certains de nos ancêtres. Cinquante mille ans avant notre ère, ils y ont taillé la pierre afin de chasser, de pêcher, de se défendre contre les prédateurs et les autres agresseurs. Les pierres taillées exhumées ici, principalement des bifaces extraits de la roche locale, le microgranite, en sont les traces irréfutables.
Au sud, alternant falaises et criques, l’estuaire du Trieux remonte jusqu'à Lézardrieux dont le clocher de l'église se hisse au dessus des arbres, tel un amer. C’est là que nous traverseeons le Trieux.
 
Le chemin est loin d’être de tout repos, c’est du solide avec en plus le risque de glisser associé aux fortes pluies de la nuit.
 
Un peu plus loin, un four à chaux est le vestige de l'ostréiculture du XIXème siècle, un témoignage peu commun. Abandonné et ruiné, cet ouvrage disposait d'une matière première abondante, au ras de l'eau : la coquille d'huître, dont les gisements sauvages abondaient alors dans l'estuaire.
 
Le Trieux, fleuve long de 72 kilomètres, traverse Guingamp puis Pontrieux avant de se jeter dans la mer par son estuaire d'environ 18 kilomètres. Depuis Loguivy de la Mer, se succèdent le long de rives escarpées falaises, pinèdes, landes et larges anses où viennent se poser les oiseaux migrateurs…
À travers la forêt, la vue sur la ria est souvent parcellaire, mais nous apercevons les balises et autres repères sur la rive en face.
 
 À Coz Castel, un élevage piscicole bénéficie d’une anse naturelle pour isoler avec une digue leur production de l’estuaire.
 Nous apercevons une ligne de voiliers qui se préparent à partir. 
C’est une des écoles des Glénans. Autour de Paimpol, les stages sont répartis sur trois sites en fonction des niveaux : de Paimpol même partent les croisières côtières ou au long cours vers la Grande-Bretagne ; à Coz Castel,  sont organisés les stages débutants et les formations moniteurs, et sur l’île Verte dans l’archipel de Bréhat, les stages juniors.
 
C’est là que nous pourrions venir ! Les bâtiments d’une ancienne ferme bretonne en granite abritent les lieux de vie : foyer avec cheminée, bar, coin détente, jeux de société, musique et des dortoirs de 7 à 10 personnes. Les sanitaires avec douches chaudes et WC sont dans un bâtiment extérieur.
 
 
 
Une belle vue sur le port de Lezardrieux
 
Et nous arrivons à un autre scandale du GR 34 en Côtes d’Armor, après une terrible montée on doit longer un très long mur....
 
 
 
Nous optons pour un parcours plus direct qui passe près du manoir de Toull Mézou
 
 
 
Puis de terribles ours mençants mais en bois.
 
L’arrivée à Kergrist signifie la fin de notre marche en rive droite de l’estuaire. On y trouve le lavoir et la fontaine du Traou Vantan qui annoncent la chapelle Notre-Dame de Kergrist. Le lavoir rectangulaire est des plus simples.
 
Mais la fontaine de dévotion est plus originale avec une grills qui protège l’accès, des bancs et même un petit évier.
 
 
 
 
 
La Chapelle est au-dessus de l’autre côté de la route très passante.
 
 
 
 
 
 
C’ est une chapelle à vaisseau unique construite en moellons de granite et schiste. Elle est composée d'une nef ouverte au sud d'une porte remployée de style gothique régional et d'un choeur flanqué au nord d'une aile à usage de sacristie. 
Elle présente un chevet plat. Ouvert d'une porte en plein-cintre, le mur-pignon ouest est couronné d'un clocher composé de deux baies superposées.
 
 
 
A l'ouest de la chapelle, le calvaire est composé d'un soubassement formé par un emmarchement à trois degrés et d'un socle cubique recevant un fût monolithe polygonal sommé d'un chapiteau portant une croix terminale.
Les faces du socle présentent tantôt un décor, tantôt une inscription : face ouest, figure de saint Pierre ; face nord, coeur ; faces est et sud, inscription commémorative : F : F : PAR MOI FRANCOIS JAC GOUVERNEUR DE N. D. DE KGRIST 1714.
La face ouest du fût reçoit également un décor sculpté : de bas en haut : os croisés, tête de mort et niche à statuette. 
Le chapiteau qui couronne le fût est cantonné de figures orantes à chaque angle. Sa partie basse présente une inscription mentionnant le nom des quatres évangélistes : S. MARC. S. MATHIEU. S. LUC. S. IEAN.
La croix terminale est ornée d'un Christ en croix surmonté du titulus INRI et d'une Vierge à l'Enfant.
 
 
 
 
 
 
 Le pont de Lézardrieux est un pont suspendu sur le Trieux. Il fut initialement construit entre 1836 et 1840, puis profondément modifié en pont à haubans de type Gisclard en 1925. 
 
On entre maintenant maintenant dans le pays de Tregor.
 
Lézardrieux en est la première étape. L'origine de son nom provient de sa situation : en vieux breton, Léh ar Tréon signifiant « lieu du Trieux ». Elle deviendra Lézardréon (en breton) au  XVIème siècle, lorsqu'elle perdra son indépendance, pour devenir Lézardrieux dans le langage français courant.
 
L’église Saint-Jean-Baptiste de Lézardrieux fût édifiée au XVIIIème siècle sur une église antérieure de la fin du XVIème siècle. Cet édifice est remarquable par son clocher-pignon, caractéristique de l’architecture Beaumanoir du Trégor ainsi que par ses deux tours d’escalier latérales coiffées de dômes et de sa tour centrale en encorbellement avec balustrades.
 
 
Le sentier Botanique de Coat Min est régulièrement entretenu. Il part de l'anse des Perdrix et conduit au site de Coatmer.  Cet espace botanique des Perdrix est constitué d'un vallon boisé de 3 hectares, traversé par un petit ruisseau. Un circuit pédestre a été aménagé sur environ 3 kilomètres, en bordure de l'estuaire du Trieux, avec des aménagements légers. Il compense l'absence de servitude du littoral. Une centaine d'espèces d'arbres et de plantes herbacées indigènes ont été recensées et interprétées (avec une signalétique adaptée) du point de vue de leur appellation scientifique d'origine et de leur traduction en quatre langues, dont la langue bretonne. Une fiche signalétique indique les caractéristiques des végétaux et leur utilisation...
 
Le Moulin à marée  « Milin Vor » , encore appelé «  Moulin à Mer » , sur le cadastre napoléonien, est daté du 1er quart du XIXème siècle, mais pourrait être plus ancien. Le Moulin à Mer bénéficie d’une digue qui barre une anse naturelle qui se termine par  la pointe rocheuse Coatmer, dénommée sur l'ancien cadastre « le bec du moulin à mer », où a été édifié un fanal (Coatmer aval). La vasière s'étend sur 400 mètres entre la digue et le lit du Trieux. Elle sert aujourd'hui de mouillage pour des chalands ostréicoles. L'étang est de grande superficie, environ 2000 m2 ; il a servi dans les années 1970-80 de bassin d'élevage piscicole. Il était toujours à flot. L'eau s'écoulait cependant par l'ancienne porte d'admission, alors que l'eau du ruisseau, qui débouchait dans l'étang, a été canalisée. Elle est toujours évacuée par une buse en ciment qui traverse un terre-plein de moellons accolé au Nord du soubassement du moulin. A l'extrémité Ouest de l'étang, un barrage de pierres a été construit, destiné vraisemblablement à diminuer le longueur de l'étang et à éviter l'envasement. En amont, se trouve, à la place d'un ancien bassin de rouissage, une zone marécageuse. 
Nous disons au revoir à Jean-Pierre et Éléa qui nous ont accompagné jusqu’au moulin.
Le versant Sud est couvert d'un bois de feuillus, qui laissent place à des pins au sommet et en aval de l'étang. Le moulin est aujourd'hui à l'état de vestiges, à l'extrémité Nord de la digue. Il était relié à la berge par l'ancien logis. Lors de l'inventaire de 1977, le moulin n'avait que sa charpente et sa toiture détruites, les murs étaient encore debout. Le moulin avait un plan sensiblement carré. Il était encadré de l'ancien logis, formé de deux corps de bâtiments accolés, l'un au Nord et l'autre à l'Ouest. Aujourd'hui, le moulin a été rasé et il ne reste que le soubassement... Dommage que le loto du patrimoine n’existait pas à cette époque.
 
Le sentier remonte le long d’un vallon agréable 
 
Le long d’un ruisseau qui de sa musique rafraîchissante nous aide à gagner le sommet.
 
 
 
 
En poursuivant, nous entrons dans les terres pour arriver à un drôle de bâtiment : le phare de Bodic. Construit sur le plateau en plein champ, la lanterne se trouve perchée à 49 mètres au-dessus de la mer. L'édifice actuel est un projet présenté par l'architecte et les ingénieurs Condemine et Grattesat, approuvé par décret du 24 mars 1947.
 Il remplace l’ancien phare allumé le 15 octobre 1867 et détruit par les troupes d'occupation durant la Seconde Guerre mondiale. Il a la particularité de ressembler à une fusée blanche côté mer, mais la vue est toute autre côté terre puisque l’arriére à un aspect encore plus étrange d’une maison à toit d’ardoise surmontée d’une toure rouge pointue...
J’avais envisagé de sortir le drone et faire une longue vidéo de ce lieux insolite puisque le phare offre deux faces très différentes tél Janus. Malheureusement, une très grande grue jaune est en train de hisser une antenne à côté du phare. Alors je garde cette photo.

 
Photo David Adémas pour Ouest France dans l’article « Que les Côtes d’Armor vues du ciel sont belles ». 
 
 
Les champs d’artichauts bordent notre parcours. 
 
 
 
Nous poursuivons notre marche très loin du rivage, c’est une partie sans intérêt qui mériterait d’être retracée en bordure de la rive gauche de l’estuaire.
Nous poursuivons jusqu’à arriver à Kermouster, hameau fleuri offrant un point de vue exceptionnel sur l'embouchure du Trieux face à l'archipel de Bréhat. 
Le hameau a été construit autour d'une chapelle, à l'origine dédiée à Saint Maudez, saint évangélisateur de la presqu'île de Lézardrieux. Elle a été réédifiée en 1740 sur un ancien oratoire du XIIème siècle, comme en témoignent les 2 arches de style roman. Le clocheton reçoit en 1743 sa première cloche, à laquelle on donne les prénoms du parrain et de la marraine, Etienne de La Villeneuve et Anne Belingan, baronne de Penmarc'h. Dans l'enclos de la chapelle, la pierre dite de Maudez, petit bloc de granite creusé, aurait, le pouvoir de guérir les enfants atteints de problèmes de locomotion, en leur servant de siège. Nous avons essayé, ça ne marche pas pour les adultes...
 
 La fontaine de La Chapelle est toute proche en allant vers le Trieux.
 
 
En passant de rochers en petites criques ou en suivant, plus sagement, le sentier ou la petite route qui y descend, on peut aboutir à l'île à Bois. Mais nous nous contentons de la regarder de loin.

L' île à Bois est une presqu'île privée située en face du hameau de Kermouster. Sa superficie est d'environ 15 hectares. Elle est prolongée par la « Petite île à Bois ». Un ancien corps de garde s'y trouve qui servait d'amer pour la navigation. Le corps de garde n'a pas subi de modifications extérieures, hors le blanchissement d'une partie des murs et de la tourelle, construits à l'origine en moellons de granite. 
 
Pendant la Seconde Guerre mondiale une route a été construite à l'initiative de l'armée allemande. C'est uniquement pendant les grandes marées que cette route est totalement immergée et que la presqu'île redevient une île. Pendant la guerre, les Allemands ont fortifié l'île qui avait une position stratégique sur le Trieux, commandant l’accès en eau profonde vers Lézardrieux.

De part et d'autre du sillon qui la relie au continent, les plages parsemées de rochers sont des havres de tranquillité où mouillent quelques bateaux de pêcheurs locaux.
En face, sur l'autre rive, les bateaux de Loguivy-de-la-Mer se balancent au gré d'une onde calme. C’était d’ailleurs des hauteurs de la Roche aux Oiseaux, que l'on avait la meilleure vue sur l'île à Bois, véritable rempart contre la houle venant du large.
 
La crique de Pors Guyon est un endroit exceptionnel. Quelques maisons bordent la mer, l'endroit est encore sauvage, à l'abri du vent avec pour horizon, l'estuaire du Trieux et Bréhat.

 Le port de plaisance de Pors Guyon abrite 80 places en échouage et 4 places visiteurs.
 
Nous gagnons ensuite le Paradis, je ne le voyais pas comme cela puisque c’est un simple lieu-dit !
 
 
 
Nous longeons la baie de Pommelin. Différents moulins à eau étaient implantés sur le cours d'eau du Bouillenou et son petit affluent. Les quatre moulins à vent et les deux moulins à eau de Pommelin étaient souvent associés et affermés par le même meunier.  Leur bief a été comblé. Les moulins à vent de la commune étaient implantés sur le plateau ou sur l'île Coalen. Il ne reste guère de traces aujourd’hui sauf le moulin Foucaut, bâtiment de plan rectangulaire, avec un étage de comble. Il est en partie enterrée au niveau de la façade Ouest, par le comblement de l'ancien étang surélevé. 
 
 

La plage du Beg Mélard est faite our ceux qui détestent les plages à touristes, qui préfèrent les criques nature, la Bretagne pur jus, avec sable fin, coquillages et crustacés. 
 
 Plus loin,  l'île Coalen, qui est dotée d'un dolmen immergé lors des grandes marées. L'allée couverte est en grande partie ruinée. Elle mesure 7,20 mètres de longueur sur 1,40 mètre de largeur. Elle est délimitée par trois orthostates côté ouest, six côté est et une dalle de chevet. Un bloc situé au nord de la dalle de chevet correspond peut-être à l'une des parois d'une cela terminale. Plus aucune table de couverture n'est en place. Toutes les dalles sont en granite de Perros

 
La chapelle de Bonne Nouvelle est au bord du sentier. Construite initialement au XVème siècle, elle a été reconstruite en 1736 (date portée). Elle était à l'état de ruines avant la seconde guerre mondiale suite à un incendie et a été entièrement restaurée par les habitants de la commune. Située sur un terrain privé, elle a été rénovée en 1992 par une association locale de sauvegarde du patrimoine, avec le mur d'enclos. La chapelle, dédiée à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, patronne des marins, est fréquentée particulièrement le jour du pardon de Bonne-Nouvelle. Les jeunes femmes stériles viennent prier An Itron Varia Kelo-Mad pour être exaucées de leur voeu d'enfantement. Par l'expression il y a Kelo-mad, on annonce que la femme est enfin enceinte ! Les marins y déposent des ex-voto, en remerciement de l'accomplissement de leurs voeux sous la forme de maquettes de bateaux et de couronnes de fleurs. 
 
À l'endroit de la chapelle, sur le front de mer, on peut repérer les vestiges d'une ancienne petite jetée, utilisée autrefois (avant la seconde guerre mondiale) par les bateaux qui se rendaient à l'Île de Bréhat pour les fêtes et les pardons ou encore à cette chapelle par la voie maritime.
 
Le chemin poursuit le contournement de Troguérat. 
 
 La fontaine de Troguérat est une fontaine de dévotion construite en pierre de taille de granite. Elle est formée par un bassin carré protégé par un petit toit à deux versants rapporté, de deux murets latéraux, d'un mur de margelle en granite et d'un mur de fond évidé d'une niche à statuette. Ce mur est agrémenté d'un bandeau godronné supportant un fronton triangulaire dont la face antérieure présente un écu saillant fruste.

Sur le site de l'ancien manoir de Troguerat, cette ferme comprend des bâtiments datant probablement du XVIIème siècle (colombier, dépendances) et du 3ème quart du XIXème siècle (logis : 1864, date portée ; dépendances).  la ferme comprend un logis de type ternaire à cinq travées dont le linteau de l'entrée porte le millésime 1864. Le colombier, situé dans un champ cultivé au sud-est du logis, est couvert d'une coupole en tas-de-charge à jour zénithal. Le parement extérieur du mur présente un appareil réglé en pierre de taille de granite. A l'intérieur, le colombier conserve des trous à pigeons disposés en quinconce et à intervalle régulier entre des moellons de granite équarris posés sur un lit de schiste. Le faîte du mur extérieur accueille, en outre, des corbeaux supportant des dalles de schiste formant larmier autour de l'édifice.
 

En arrivant à Lanéros, nous approchons du terme de l’étape.
 
 
Nous faisons une halte dégustation Whisky. Ce n’est pas du whisky breton nous a t on répété. En effet, l’orge, la tourbe, les fûts et même l’eau n’ont rien de local, il n’y a guère que la distillation qui est faite sur place. Nous en repartons tout guillerets...
 
Le Centre d’Etude et de Valorisation des Algues  (CEVA) a été créé en 1982 pour répondre aux besoins des collectivités locales en matière d'algues vertes. Il est installé à l’extrémité de la presqu'île de Lézardrieux.  Il met en œuvre une recherche appliquée sur les algues, les végétaux marins et les biotechnologies marines, notamment à visées industrielles. Outre la réalisation de prestations d’assistance technique ou de R&D à façon pour les industriels, le CEVA participe à des projets de recherche et d’innovation de type collaboratif public au niveau national, européen et mondial. Il emploie 21 permanents, dont douze chercheurs, doctorants ou ingénieurs.
 
Arrivés à la pointe le paysage change par la vue des deux sillons.
Jean-Pierre l’avait dit, nous voyons distinctement le château d’eau de Ploubazlanec.
 
 
Le sillon Noir est un petit sillon en comparaison du suivant, ils ont la même orientation mais c’est le plus ancien.
 
Le sillon de Talbert est un cordon littoral formé de galets et de sable qui se trouve entre les débouchés de deux rivières, le Trieux et le Jaudy dont l'action des courants, combiné à la marée, ont favorisé sa création par érosion littorale. Il s'étend vers le nord-est dans la Manche sur plus de 3 kilomètres de long pour une largeur moyenne de 100 mètres et une hauteur d'environ 10 mètres.

Cette structure écopaysagère particulière est à la fois un site d’intérêt écologique et une curiosité géologique. Elle est désormais protégée avec la création en 2006 de la Réserve naturelle régionale du Sillon de Talbert qui couvre une superficie de plus de 18 hectares (hors surface couverte par le domaine public maritime). Sternes, gravelots et eiders se partagent ce domaine où ils y nichent.  
Cette langue sableuse et de galets protège également le littoral de l’érosion et des vagues, spécialement durant les grandes marées. Il offre une zone maritime presque toujours calme entre l'est du Sillon et l'île de Bréhat située 5 kilomètres au sud-est. La langue est bordée au nord par plusieurs rochers rendant la navigation côtière délicate et auxquels elle était autrefois reliée. À trois kilomètres au nord se trouvent les récifs des Épées de Tréguier sur lesquels est bâti le phare des Héaux de Bréhat marquant l'entrée ouest de la baie de Saint-Brieuc.
Le sillon de Talbert est le point continental le plus septentrional de la Bretagne, nous allons maintenant gagner des zones au sud plus chaudes !
 
 
 

Les champs de choux-fleurs vont presque à la rencontre de la mer. Jusqu'à l'avènement de la motorisation, les agriculteurs de la Pointe les enrichissaient du goémon échouant sur les plages. Il faut goûter au véritable « Prince de Bretagne », ce fameux chou qui doit sa blancheur immaculée à cette pratique ancestrale. Cependant, ce ne doit pas être la bonne saison, alors nous avons mangé des huîtres à la place. 
 
Seul à l’entour, le restaurant Le Bigouden Blues semblait fermé nous sommes allés dans un estaminet qui ferme à 19 heures.
 
En fait quand nous sommes sortis, le restaurant était en train d’ouvrir. Drôles d’horaires en Bretagne...
 
Le Québo est le hameau de Pleubian terme de notre journée est à 900 mètres. Nous arrivons chez notre hôtesse belge très sympathique.
 
 
Voici la vidéo en résumé de cette étape :

mardi 16 avril 2019

Étape 13 : du Paimpol à Loguivy-de-la-Mer (23 km) lundi 15 avril

 
 
 

 
 
 
André a pris son petit déjeuner en tête à tête avec l’hôtelière juste après son arrivée pour prendre la micheline du matin, puis le TGV jusqu’à Rennes puis l’avion jusqu’à la maison.... 
 
Nous serons presque seuls aujourd’hui puisque Louisette viendra nous retrouver où nous serons arrivés à 14 heures accompagnée de son chauffeur Jean-Pierre qui souffre hélas toujours de son dos. 
 
Le temps sera encore très frais et le vent soufflera plus fort...
 
Nous commençons par une boucle sans sac à dos autour de la pointe de Guilben.
 
Le port est très calme ce matin, les plaisanciers et les pêcheurs partagent les emplacements. 
 
 
Une fois le port dépassé, une zone commerciale et d’entrepôts précède la plage de la Tossen. 
 
Avant la pointe de Brividic nous retrouvons le chemin côtier qui nous conduira jusqu’à la pointe Mesquer et la pointe de Guilben qui suit. Ploubazlanec est juste en face...
La pointe de Guilben est une longue langue de terre et de roches s'élançant vers le large d’où on peut voir, à marée basse, les immenses étendues de sable allant jusqu'à la Pointe de Plouézec. 
 Elle comporte un réseau de 19 blockhaus ayant appartenu aux fortifications du mur de l’Atlantique.
Ceux ci abritent désormais des chauves-souris.
 
La vue sur Ploubazlanec est directe avec la tour, le bourg et le très haut clocher de l’eglise. Mais aussi, le château d’eau qui est un repère que nous allons voir encore deux jours !
 
 
La pointe de la Trinité et tous les îlots qui attestent de la nécessité de maîtriser parfaitement la navigation pour circuler dans ces eaux.
 
 
La vue de l’autre côté s’étend sur les falaises à perte de vue dans le contre jour du matin. Vue d’ici, on pourrait croire que c’est presque plat et pourtant nous en avons bavé des rondelles de chapeau hier.
 
C’est ensuite le retour vers Paimpol par un chemin plus large, les reflets côté Baie de Poulafret ne laissent apercevoir que des ombres chinoises. 
 
Nous terminons le tour par le moulin à marée. Avant cela, nous passons près des chantiers Bonne qui construisirent nombre de goélettes qui partaient à la pêche à la morue vers l’Islande et Terre Neuve.
 
Le premier moulin à marée de Poulafret a été construit en 1810 sur l'étang de Poulafret, accessible à la marée. Il a été reconstruit en 1880 et a fonctionné jusqu'en 1923. Le meunier faisait aussi fonctionner deux autres moulins à Plourivo et à Pleubian. La digue du moulin est construite en moellons et mesure environ cent mètres de longueur et 4 mètres de largeur. Elle limite et isole l’ancien bief qui assurait la réserve du moulin, transformé aujourd'hui en plan d'eau pour la pratique du dériveur léger. 
 
Le moulin, autrefois équipé de roues hydrauliques, a perdu sa fonction et est utilisé aujourd'hui comme local technique pour l'école de voile locale.
 
C’est le retour vers le port de Paimpol, la visite de la vieille ville et nos sacs à dos.
 
 
Paimpol est l'un des principaux ports de pêche et de plaisance donnant sur la Manche.
L'actuelle commune de Paimpol résulte de la fusion, en 1960, des communes de Paimpol, Plounez et Kérity. Paimpol appartient au pays historique du Goëlo.
  A la fin du Moyen-Âge, la digue du Vieux pont de Kernoa ou chaussée Vauban est construite. Elle permet le passage d’une rive à l’autre pour les piétons et transforme le marais en étang salé à marée. A chaque extrémité de la digue on y installe un moulin à mer. Ils disparaîtront en 1870. Pendant le siècle des lumières, le port ne possède qu’un bassin, mais qui constitue un excellent mouillage sur la côte bretonne septentrionale. Paimpol prend véritablement son essor au XVIIème siècle. Elle devient une petite ville qui se dote d’équipements portuaires : un quai en pierres « côté ville »,  puis un autre « côté Kernoa » sur la rive de Kérity (quai Lambert 1775).

Sur la Place du Martray, véritable cœur économique et politique de la ville depuis le Moyen-âge, on peut apercevoir de nombreuses demeures du XVIème siècle. À l’angle de la rue de l’église se trouvait un ancien hôtel fréquenté par Pierre Loti. Dans son roman « Pêcheur d’Islande », cette demeure (aujourd’hui salon de coiffure) est celle de son héroïne Gaud Mével. « ...Elle passait souvent ses soirées à cette fenêtre, comme une demoiselle. Son père n’aimait pas beaucoup qu’elle se promenât avec les autres filles de son âge et qui, autrefois, avaient été de sa condition. Et puis, en sortant du café, quand il faisait les cent pas en fumant sa pipe avec d’autres anciens marins comme lui, il était content d’apercevoir là-haut, à sa fenêtre encadrée de granit, entre les pots de fleurs, sa fille installée dans cette maison de riches… »  
 
Tout près (22 place du Martray), une belle maison à pan de bois était la demeure de la famille Armez (riches armateurs au XVIIIème siècle). 
 
 
 
  Au n°1 de la place une maison de pierre porte le plus ancien millésime de Paimpol : 1581. 
 
 
 
Les deux rues les plus anciennes, et principales artères de cette place, sont la rue de l’église, qui rejoint la route de Lézardrieux (1ère voie accessible par l’ouest) et la rue des Huit Patriotes (auparavant appelée rue de Ploubazlanec), qui menait au Champ de Foire et à la route vers Ploubazlanec.
Dans la rue des Huit Patriotes, on peut voir « la Maison Jézéquel », datant du XVème siècle, et classée Monument Historique en 1930. Sa structure en bois et son architecture typique du XVIème siècle en font un des bâtiments les plus anciens de la ville. Au rez-de-chaussée la maison abritait un porche aujourd’hui fermé. D’abord spécialisée dans le matériel de pêche, surtout pour les goélettes, elle a fini par devenir une quincaillerie où tout est disponible à l’unité. Elle est actuellement tenue par la cinquième génération de Jézéquel depuis 1886.
 
 
 
Autre rue incontournable de Paimpol : la rue des Islandais, l’ancien « quartier latin », où les armateurs recrutaient leurs équipages. C’est également là que les marins racontaient leurs aventures vécues durant les longs mois de pêche dans la mer d’Islande.
 
 
 
On peut imaginer l’activité de ces rues quand elles étaient toutes habitées et que nombre de bistrots s’y trouvaient.
 
 
 
 
 
 
 
Nous quittons Paimpol et ses faubourgs pour gagner Ploubazlanec par le même chemin décrit dans « Pêcheurs d’Islande ».
Puis pour atteindre la tour de Kerroc’h faite en granite, elle fut érigée en 1873. Elle est surmontée de la statue de la Vierge et de saint Joseph avec l'Enfant Jésus. 
La «Tour de Kerroc'h» est une structure insolite, devenue l'emblème de la commune de Ploubazlanec. Edifiée au sommet de la butte appelée alors Krec'h Mahaf ou Mazé, c'est-à-dire Mathieu, d'où l'on embrasse la baie de Paimpol.
Dépassant les espérances de l'abbé Guennou, qui pensait y élever une simple statue de Marie, la tour de granite fut érigée sur le monticule, surmontée d'abord de la statue de sainte Anne et plus tard de celle de la Vierge et de saint Joseph avec l'Enfant Jésus. Autour de la tour on peut admirer une roche volcanique rose foncé à violet, rare en Bretagne.
Plus loin, une vieille demeure attire notre regard.

 

«  Aux carrefours les vieux christs qui gardaient la campagne étendaient leurs bras noirs sur les calvaires, comme de vrais hommes suppliciés, et, dans le lointain, la Manche se détachait en clair, en grand miroir jaune sur un ciel qui était déjà ténébreux vers l’horizon. » Pierre Loti Pêcheur d'Islande

On peut admirer dans ce quartier le calvaire construit par Yves Cornic. Il est remarquable pour sa forme triangulaire (symbole de la Trinité). 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
Le chemin des douaniers évite la Pointe de Porz Don, pour remonter vers Perros Hamon.
 
 
 
 
 
La Chapelle de Perros Hamon  a été construite en 1683, dédiée à Notre-Dame de Perros et remaniée en 1728 et en 1770. 
 
Elle est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 6 mars 1925. 
 
 
Elle était une enclave de l'ancien diocèse de Dol en l'évêché de Saint-Brieuc.  Elle aura une importance toute particulière, Perros-Hamon étant un village éminemment « Islandais ». Dès 1884, elle sera appelé la « Chapelle des naufragés » par Pierre Loti et Guillaume Floury, le grand Yann dans le roman « Pêcheurs d’Islande ». 
 
Le porche latéral abrite les derniers “mémoires” authentiques, des ex-voto, traces particulièrement poignantes de l’époque de la pêche en Islande. 
 
 
 
À l’intérieur lorsque l’édifice est accessible, le retable du maître-autel date de la fin du XVIIème siècle est à voir. Quant au vitrail qui commémore le sauvetage des marins du «Ville du Havre» (brick), sa datation est de la première moitié du siècle dernier.
 
 
 
On redescend ensuite vers un petit port chargé d'une longue hiistoire maritime : Porz Even. Ses petites maisons basses bordaient, dans le passé, la seule rue descendant vers la cale. La plupart datent du XIXème siècle, sont orientées vers le midi et paraissent se serrer comme pour mieux se protéger des vents du Nord. Depuis, le village s'est développé et d'autres maisons, plus modernes, sont venues couvrir la colline, presque jusqu'aux limites de la grève. Accrochée aux flancs de la Pointe de la Trinité, la petite cale abrite les installations des ostréiculteurs locaux où se presse un petit monde vivant des produits de la mer. Une cale plus grande, tout à côté, est le domaine des pêcheurs côtiers. Devant et autour du port, sur la grève et autour de certains îlots, les anciens bacs de claires faits de granite rose abritent les huîtres destinées à une vente prochaine. Certains, faits le plus souvent des mêmes matériaux cachent d'autres trésors : araignées, tourteaux et homards bleus qui feront les délices des gourmets de la région. C'est dans ce port de pêche que Pierre Loti situe ses principales scènes de son « Pêcheur d’Islande ». « ...à la pointe du pays de Ploubazlanec, tout au bout des terres, au hameau de Pors-Even, dominant la Manche, avec une vue très belle. »
 
 
 
Pointe de la Trinité en remontant par le sentier qui borde la falaise à l'ouest de la Pointe. Presque à son sommet,  les rochers qui dominent un ensemble extraordinaire où mer et terre se conjugent à l'infini. 
A ses pieds, l'anse de Launay où les parcs à huîtres se découvrent à marée basse, à l'horizon, la Pointe de l'Arcouest et, plus loin encore, Bréhat, l'île aux Fleurs. En face, Saint-Riom et les multiples rochers qui l'entourent ; à l'est, vous devinerez les grèves de Porz-Even et plus loin la rade de Paimpol qu'enserre presque la Pointe de Guilben. 
 
 
 
La chapelle de la Sainte-Trinité est un édifice de style néogothique à vaisseau unique construit en granite consécré en 1868. Les murs-pignon est et ouest sont édifiés en grand appareil de granite. Les murs nord et sud sont couverts d'enduit et sont épaulés de contreforts droits construits en pierre de taille. Pierre Loti en a écrit : «  C’était pour se rendre, suivant l’usage traditionnel des mariés du pays de Ploubazlanec, à la chapelle de la Trinité, qui est comme au bout du monde breton. »trinité  
 
Elle est couverte d'un toit à longs pans et pignon découvert à rampants à crossettes. Le pignon ouest est couronné d'un clocher à baie unique sommé d'une petite flèche en maçonnerie.  « Partout, à cette entrée de chapelle, étaient clouées d’autres plaques de bois, avec des noms de marins morts. C’était le coin des naufragés de Pors-Even, et elle regretta d’y être venue, prise d’un pressentiment noir. »
 
 
 
Il faut ensuite grimper jusqu’à la Croix des veuves
 
 
Cette croix catholique de granite édifiée en 1714 d'où les femmes de pêcheurs d'Islande attendaient le retour des marins. Les goélettes étaient visibles à plus de dix milles par temps clair, depuis cet observatoire situé à 60 mètres au-dessus de la mer. 
 
L’attente était longue et l’espoir diminuait avec le temps qui passait.
 
 
 
 
Launay est un ancien village de pêcheurs devenu un lieu de villégiature recherché. L'anse contient des réservoirs de pêcheries, datant d'avant que cette pratique soit interdite. On y trouve une plage et un petit port de plaisance.
 
 
La Fontaine de Launay-Charnel Une pierre est placée au fond de la fontaine. Il ne faut la déplacer à aucun prix sinon le monde serait inondé par la mer avec laquelle elle communique...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pointe de l’Arcouest Avant d’arriver à la pointe, on traverse Sorbonne-Plage ou Fort-La-Science
A partir de 1900, un groupe d'intellectuels de la Sorbonne a élu comme lieu de villégiature le lieu dit de l'Arcouest en Bretagne, dans les cotes du Nord, au dessus de la baie de Launay. Autour de l'historien Charles Seignobos, du physiologiste Louis Lapicque et du physicien Jean Perrin... Au fur et à mesure des années se sont installés et sont restés de générations en générations les Curie, les Joliot, les Langevin, les Borel, les Maurain, les Stodel, les Auger, les Huisman, les Chavannes. Ils sont physiciens, biologistes, géophysiciens, chimistes, biologistes, historiens de l'art, médecins, sinologue... En dehors des centres d'intérêts communs évidents et de la sociabilité universitaire, ces personnes se regroupaient aussi autour d'idées politiques et sociales : tous dreyfusards, laïcs, républicains, militants à la ligue des droits de l'homme, soutiens du front populaire et de la cause des républicains espagnols, membres fondateurs des comités de vigilance antifascistes, ils ont été pour certains membres du gouvernement de Léon Blum. Ils étaient aussi très préoccupés des questions d'éducation et de formation, souvent proches des mouvements des universités populaires et soucieux aussi de la place des femmes dans la société.... A l'époque, scientifiques et littéraires se côtoyaient plus aisément et étaient considérés au même titre comme des intellectuels. C'est donc cette petite communauté, très engagée qui en plus des liens tissés à Paris, ont resserré leurs liens autour de maisons de vacances dont les jardins se touchent et où aucune barrière n'a été installée. C'est à l'Arcouest pendant quelques mois, qu'ils vivaient isolés et retirés du monde, comme en vase clos autour du sport, des loisirs et de rituels dont ils avaient fait un art. Cette sociabilité se poursuit encore aujourd'hui...
 
 
C'est d'ici que l'embarquement se fait pour l'île aux fleurs, sur un quai massif s'enfonçant sur plusieurs dizaines de mètres dans les eaux, fait du granit rose qui caractérise les constructions de la côte. Les nombreux rochers qui émergent à marée basse sont autant de repères d'une faune qui attire les pêcheurs à pied lors de l'étale. A ce moment pourtant, la grève ressemble plutôt à une immense étendue désertique faite de galets et de cailloux. 
 L'île aux fleurs est certainement le surnom qui sied le mieux à ce bijou qu'est l'île de Brehat, blotti au milieu d'un écrin de rochers roses et d'une mer d'un bleu profond, composé de deux îles principales et entourées de 86 îlots et récifs. Une flore composée de mimosas, myrtes, figuiers, amandiers et autres eucalyptus entrecoupés de landes couvertes de bruyères et parsemées de rochers roses, roussis par les vents du large y provoquent des contrastes étonnants marquant encore davantage la différence entre l'île Nord et l'île Sud. Le calme et la préservation d'une nature presque intacte, l'absence de véhicules à moteur (sauf quelques tracteurs), sont tels que de nombreux oiseaux y trouvent refuge et l'on peut notamment y observer quelques nichées de Fous de Bassan.
 
 
La stèle Joliot-Curie comporte une épitaphe gravée en lettres dorées sur une plaque en marbre rose, apposée au monument : «  En hommage à Irène et Frédéric Joliot Curie, vies consacrées à la science et à la paix. Leurs amis et la commune de Ploubazlanec, où ils aimaient séjourner ». Deux sculptures taillées dans un granite à gros grains, représentant des formes humaines, se font face derrière le monument, sur le muret, symbolisant les deux scientifiques liés dans la vie et la mort par leurs recherches.
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous remontons vers le plateau de Rohou. De ce site protégé la vue est superbe sur les côtes se dessinant de la Pointe de la Trinité en Ploubazlanec jusqu'à celles de Bréhat et, à l'ouest, le littoral de Lanmodez menant au sillon de Talbert. Le panorama du Rohou domine l’archipel de Bréhat et offre un point de vue exceptionnel. Au loin, on aperçoit le Sillon du Talbert, langue de sable et de galets de 3 kilomètres, unique en Europe et qui protège l’estuaire du Trieux des fortes houles venues du large.
 
 
 
 En redescendant vers la mer, nous  longeons Cornec, site remarquable formé durant la période périglaciaire faits de rochers abrupts reliés au rivage par un double cordon de galets qui emprisonnent une lagune, constituent le double tombolo de Cornec. Seules des plantes robustes comme le chou marin et la cotula coronopifolia s'y adaptent.
 
 Le chou marin y est roi mais aussi une autre plante pouvant surprendre par sa présence : la cotula coronopifolia. Buisson vert aux feuilles étroites et pointues rehaussé de fleurs jaunes, se développant au bord de la lagune, cette plante est d'origine sud-africaine ! Elle s'est acclimatée ici après avoir été introduite et plantée, par quelque marin amateur de fleurs exotiques de retour de voyage, dans une jardin bordant le fond de l'estuaire du Trieux, à la fin du XIXème siècle.
 
 
Le sentier continue ensuite vers Lanvras, où le panorama se renouvelle, de Bréhat au sillon de Talbert, laissant deviner les eaux tumultueuses de l'embouchure du Trieux. 
 
 
 
 
 

La pointe du Traou Plat est à peine marquée, une petite plage de galets bien tranquille s’y trouve. 
Plus loin, c’est l'anse de Gouern, ancien marais gagné sur la mer dont l'estran est le refuge et le terrain de chasse des aigrettes, bernaches et autres goélands. 

 
Le climat étant doux, des plantes rares peuvent pousser avec facilité comme les gunera.
 
 
Loguivy de la Mer Le 4 septembre 1932 à la demande des commerçants et surtout des mareyeurs et ce afin d’éviter des confusions dans l’annuaire téléphonique, le conseil municipal émit le vœu que le hameau de Loguivy soit dénommé Loguivy-sur-Mer. En 1935, des habitants de Loguivy et des résidents dont le célèbre Tristan Bernard et son fils Jean-Jacques Bernard, homme de lettres trouvaient que Loguivy-sur-Mer sonnait mal et faisait « plage normande » et proposèrent au maire, monsieur Le Marrec, le nom de Loguivy-de-la-Mer. Ce dernier était d’accord mais il fallait l’autorisation du Ministre des P.T.T car le nom concernait surtout l’annuaire téléphonique. Le ministre donna son accord à condition que la commune prenne en charge les frais de changement du tampon de la poste. Le conseil municipal émit un avis favorable pour « Loguivy-de-la-Mer » et ce fut Jean-Jacques Bernard qui acheta le cachet de la poste « Loguivy-de-la-Mer » sur ses propres deniers. Tristan Bernard y avait sa maison secondaire dès le début du XXème siècle.
  Loguivy de la Mer  est le port des peintres et le rendez-vous des amoureux d'atmosphère typiquement maritime. Les pêcheurs qui ont bâti le village vivent essentiellement d'un métier encore pratiqué à l'ancienne, ne détruisant pas les fonds marins où ils puisent leurs ressources. Ici, point de dragues (sauf pour la coquille ...) ou filets dérivants mais casiers ou lignes à mains sont les outils d'un métier respectant les traditions. Une vingtaine de bateaux pratiquent une pêche polyvalente, au gré des saisons : coquillages, crustacés et poissons.
C'est la capitale du "bleu de Loguivy" : le véritable homard breton ! Cette mentalité et, sans doute, un climat d'une singulière douceur font de ses habitants des gens particulièrement chaleureux.
En 1690, déjà, une trentaine de canots appartenant aux ligneurs, caseyeurs et goémonniers s'échouaient dans la petite crique. Deux siècles plus tard, 80 embarcations gréées en sloops ou flambarts de trois à vingt tonneaux embarquaient 200 pêcheurs vivant d'une activité ayant pris une ampleur bien au delà des côtes de Loguivy. Au milieu du XIXème siècle et jusqu'en 1920, nombreux étaient les Loguiviens partant avec femme et enfants vers l'île de Sein et Molène. Ils y pêchaient essentiellement le homard, restant sur place pendant une saison de six mois. En 1903, les pêcheurs de Porz Even ramènent des Roches Douvres un véritable pactole et la nouvelle parviendra rapidement à Loguivy. La découverte de gisements de ces crustacés, mais de langoustes aussi, dans les parages du phare, provoquera la construction de nouveaux bateaux plus grands et plus rapides (appelés bocqs) qui croiseront désormais sur ses hauts fonds. Cette pêche intensive et dévastatrice ne pouvait durer qu'un temps et bientôt, la flotte des caseyeurs se réduisit notablement. Plus discrète aujourd'hui, la communauté des pêcheurs de Loguivy poursuit toutefois une activité principalement tournée vers la coquille Saint-Jacques mais aussi vers le homard et l'araignée. L'ostréiculture est également devenue, dans une moindre mesure, un des débouchés commerciaux du port.
Blotti au fond d'une petite crique bordant l'embouchure du Trieux, il est bien protégé des vents d'Ouest qui soufflent puissamment dans la région. Devant la passe qui le sépare de l'estuaire, la flotille de pêcheurs ancre maintenant ses bateaux parmi celle des plaisanciers, tachetant ainsi de couleurs une eau d'un bleu soutenu.

 Le village est majoritairement constitué de maisons de pêcheurs transformées en coquettes résidences secondaires. 

Lénine séjourna à Loguivy au moins un mois durant l'été 1902. Il y arriva fin juin avec sa mère pour rencontrer sa soeur et se refaire une santé. La région lui plut au contraire de sa soeur.

 L’église de Loguivy-de-la-Mer fut construite en 1938-1939. Elle est l’œuvre de l’architecte James Bouillé qui participa au «Seiz Breur», mouvement de recherches et réalisations pour un art breton. 
 
Un des vitraux représente le débarquement en 687 d’Ivy, saint d’origine celtique. Dans l’église on découvre les statues polychromes en bois du XIVème siècle de la «Vierge et l’Enfant», de Sainte-Anne ainsi que celles de Saint-Pierre et de Saint-Ivy.  La situation de l’église, sur le port de Loguivy, influença son architecture : sa charpente évoque une coque de bateau et le clocher est surmonté d’un poisson.
 
 
 
 
 
 

 
Le port de Loguivy-de-la-Mer forme une anse protégée des vents dominants d'Ouest et des courants. Il est constitué d'un avant-port, formant une sorte de goulet où les navires peuvent attendre le flot à l'échouage. Deux cales situées en amont et un grand môle le défendent des vents d'Est. Le fond du port assez envasé est ceinturé par des murs de quai, entrecoupés à l'Ouest par une petite rampe d'accès en béton. Un vaste parking longe le port sur sa partie Sud, avec un large escalier qui descend à la grève.
 
L'entrée du port est délimitée par Roc'h Quionce à l'Ouest, Toul ar Bouzard, séparée au milieu par la roche de mi-marée et Roc'h Du Bihan (déroctée en 1941), Roc'h Troué au Nord et Roc'h-Liel au Sud.
L'architecture du port de Loguivy de la Mer offre aujourd'hui un contraste saisissant entre des aménagements anciens, mariant le granite et le ciment (sur la façade Ouest) et des aménagements contemporains (façade Est), en béton, avec un changement d'échelle important, mais fort utile aux marins-pêcheurs. L'envasement du port entraîne cependant des difficultés d'accès aux bateaux, de plus en plus nombreux.
 
 
 
Une stèle rend hommage aux soldats qui ont contribué à la libération du village, et plus particulièrement à des aviateurs américains qui se sont écrasés en mer en 1944, ainsi qu’à deux autres équipages qui ont péri à l’entrée de Pors-Even, l’autre au Cleuziat. L’équipage américain volait à bord d’un B 26 parti bombarder Brest et qui revenait vers sa base arrière lorsqu’il s’est trouvé à court de carburant. Après avoir heurté un autre appareil, le B26 s’est crashé au large de la balise de la Moisie, faisant huit morts sur les neuf membres de l’équipage. Ramenés au port par des marins de Loguivy, les aviateurs ont ensuite reçu un hommage des autorités américaines de l’époque sur le parvis de l’église, là où est érigée depuis une stèle en leur mémoire.
 
 
 
 
 
 Pointe du Gouern 
Au large, le phare de la Croix est situé à 2 kilomètres au nord-est de Loguivy. Un premier phare fut construit entre 1865 et 1867. C'était une tour cylindrique de 13 mètres avec une petite tour accolée contenant l'escalier.


l'Anse An Ouern annonce l’arrivée à Loguivy, il reste à faire un tour à la Pointe du Ouern pour rester proche de la Manche. Compte tenu de la position des 2 Chambres d’hôtes, nous gardons cette partie pour la soirée. En effet, mieux vaut prendre une douche et se reposer quelque peu avant d’aller faire ce petit tour apéritif avant de dîner sur le port de Loguivy...
 
 
C’est d’ici que nous repartirons demain.
 
 
Nos amis nous amènent visiter le mur des disparus qui rappelle le lourd tribut payé par les pêcheurs de Paimpol pour ramener la morue.
 
 
C’est une longue série de plaques qui sont dressées le long du mur.
 
Du XVIème au milieu du XIXème siècle, les paimpolais partent pour la pêche à Terre-Neuve ; Mais cette dernière n’occasionne pas d’armement considérable (juste 2 ou 3 bateaux). C’est en 1852 que la première goélette morutière, « l’Occasion », armée par Louis Morand, appareille pour l’Islande. Jusqu’en 1856, Morand est seul à armer 3 ou 4 navires. Puis le nombre d’armateurs et de navires va progressivement augmenter. La flottille comptera jusqu’à 80 bateaux, à son apogée en 1895. Les navires sont construits, pour la plupart à Paimpol (chantiers navals).Les préparatifs de départs donnent lieu à de grandes fêtes, dont le pardon des Islandais, qui a lieu chaque année en février ou mars (aujourd’hui, la fête des Islandais se déroule courant juillet).Les pêcheurs partent pour l’Islande en février. La pêche se déroule sur 6 mois en évoluant tout autour de l’île, pour suivre le poisson. La pêche se pratique à bord des bateaux mais surtout à bord des Doris (embarcation à fond plat, en bois, de 5 à 6 m de long).
Nous retrouvons la goélette Léopoldine dont l’ex-Voto figure dans la Chapelle de Perros.
 
Comme le vent s’est calmé nous faisons un vol de drone au-dessus de la ferme.
 
Les petits enfants qui connaissent leurs table de multiplication ont droit à un selfie à grands bras !
 
Nous avons eu droit à un super dîner avec des produits locaux dont la très remarquée truite du Trieux.
 
Demain une longue étape vers le sillon et l’Armor Pleubian....
 
La vidéo de l’étape en résumé sur Viméo :