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mercredi 24 avril 2019

Étape 21 : du Yaudet à Locquirec (27 km) mardi 23 avril

 
 
 
 
 
Nous commençons notre journée par une belle descente sur la route, à vue de nez la pente est de 25%. Nous allons atteindre le rivage en bas... Les couleurs sont belles malgré une légère couverture nuageuse.
 
 
 
Pont Roux représente la limite territoriale entre la commune de Ploulec'h et la commune de Ploumilliau. C'est le pont en bois puis en pierre que traverse le cours d'eau du Yaudet, qui a qualifié ce site valonné, coupure entre les deux falaises. La côte de Pont-Roux, qui conduit au hameau du Yaudet, est urbanisée. Au début du XXème siècle, le hameau de Pont-Roux était habité par les pêcheurs du Yaudet et des marins de la marine marchande. La côte de Pont-Roux alignait ces modestes maisons de pêcheurs. 
 
Selon la tradition orale, on disait que celui qui était capable de monter la côte sans se retourner une seule fois devait se marier dans l'année.
 
La plage de Pont Roux possède une zone sableuse réduite mais de minuscules criques tout autour et la faible hauteur d’eau permettent toujours de dénicher un petit coin. La vue sur la baie de la Vierge est magnifique. L’éperon barré du Yaudet est une évidence naturelle vu de la plage.
On pouvait apercevoir la "péniche" des douaniers qui parcourait le Guer à l'entrée du Yaudet.
 
Le sentier en bord de falaises est agréable malgré quelques premières montées et descentes.
 
Le balisage indique notre première cible de la journée Locquemeau puis Saint Michel en Grève suivra...
 
Le sentier piétonnier descend vers la plage, une pancarte rappelle les obligations des promeneurs alors qu’une propriété à main droite a confisqué l’accès au littoral !
 
La plage de Saint-Quiriou se trouve à l’embouchure de la rivière du Léguer, admirablement protégée et majestueuse à marée haute. Orientée au nord, elle est de plus ombragée. Nous y avons trouvé un baigneur matutinal et un gentil dragon...
 
An Dourven marque l'embouchure du fleuve Léguer et constitue l'un des avant-postes du Yaudet. La pointe est un plateau qui s'amenuise au Nord par un suggestif chaos rocheux. Le flanc ouest de la pointe est exposée à quasi tous les vents, alors qu'à l'est, la mer a son effet lagon et les arbres sont plus exotiques. 
La pointe du Dourven embrasse toute l'embouchure de l'estuaire du Léguer, Deux rochers portent des balises : Darlaskenn Vras (la Grande Tique) et Poulmadoguen. Compte tenu de sa position stratégique, la pointe du Dourven a été fortifiée à différentes époques, en particulier, on y a découvert les vestiges de fortifications gallo-romaines.
 
 
 Le corps de garde du Dourven, du XVIIIème siècle, associé à une guérite rappelle l'histoire militaire de ce site patrimonial. Ce corps de garde,  construit en granite et schiste, dispose de à deux pièces : une pièce d'habitation rectangulaire avec une cheminée et une pièce secondaire servant de magasin à poudre. La toiture à deux pentes est couverte de schiste et le couvrement de l'espace intérieur est formé par une voûte en berceau plein cintre. Il est pourvu d'une fenêtre au nord et de deux portes au sud. Accolée au pignon ouest, une guérite circulaire couverte en pierre de 180 cm de diamètre extérieur, munie de 3 meurtrières, est construite avec les mêmes matériaux que le corps de garde.
 
 
 
 
 
 
 
 
Le lieu Dourven, qui signifie en breton « pierre bruissante » a inspiré poètes et musiciens. En face de nous, Locquémeau et la pointe de Séhar dont l’altitude des habitations laisse à penser qu’elles sont vulnérables face aux grandes tempêtes.
La plage de Notigou à nos pieds propose, par beau temps, une vue magnifique sur la baie de Lannion, Trébeurden et l'Ile Millau au large, le port de Locquémeau à gauche. Aujourd’hui nous n’avons pas cette visibilité ! 
 
 
Le chemin navigue parmi les pins maritimes plantés dans les années 1930. A cet endroit appelé « an Drezeier », les ronciers, le sous-sol granitique est remplacé par un fond schisteux qui se poursuit vers l'ouest. 
 
Les pins se sont adaptés aux dures conditions climatiques en poussant selon des angles inimaginables.
 
Le phare de Locquemeau dont la lampe est en haut d’un pylône pyramidal blanc en acier et au sommet rouge. Le feu à une portée de sept miles nautiques soit environ 14 kilomètres.
 
La plage du Port de Locquémeau mérite bien son nom breton d’« an Aod vraz » (la grande côte). Elle mesure en effet près d’un demi-kilomètre. Relativement agréable à marée haute, elle est témoin de l’activité du port de pêche, de plaisance et aussi des petits voiliers de l’antenne décentralisée du centre nautique de Plestin-les-Grèves. . 
La pointe de Sehar se trouve à l’extrémité de la presqu’île jointe à la terre, à l’origine, par deux cordons de galets. En breton, la Pointe de Séhar se nomme Beg Sec’h, ce qui se traduit par pointe sèche. 
A la fin du XIXème siècle, une route fut aménagée sur l’un des cordons afin de favoriser le développement du port de Locquémeau, en pleine expansion sardinière.
Entre les deux cordons de galets s’étend le petit étang du Vorlenn. A l’origine, celui-ci était recouvert par la marée deux fois par jour. Des travaux de remblaiement au cours des années 70 l’ont, en partie, comblé. Bien que réduit, l’étang a été conservé ; aujourd’hui, il accueille des oiseaux migrateurs et abrite une flore rare et spécifique.  Sur la façade est de la presqu’île se trouve une grève de galets et de sable appelée « an Aod Bras » (la Grande Plage, en breton). Devant cette plage est aménagé le port de plaisance de Locquémeau. 
 
 
Une digue a été reconstruite récemment preuve du combat perdu contre les tempêtes. Le chemin se poursuit en bord de falaises, nous ne connaîtrons plus l’univers du plat avant Saint-Michel-en-Grève qui là-bas au bout de la falaise !
La Pointe de Séhar marque le début de la falaise de Trédrez. La côte rocheuse est une falaise très préservée sur environ 4,5 kilomètres, depuis le site du Vorlenn au Nord près du bourg de Locquémeau à la plage de Toul-ar-Vilin au Sud près de St-Michel-en-Grève. 
Nous voyons Locquirec et la pointe de Primel encore plus loin.
 
Le chemin n’est qu’une longue suite de montées et descentes avec parfois des passages plus techniques.
 
Les zones plates permettent d’avancer plus vite, mais chaque montée ou descente rappelle que les genoux sont fatigués.
La falaise d’une vingtaine de mètres de hauteur est exposée et en érosion continue en de nombreux endroits, des pointes plus résistantes font saillies : principalement les pointes de Malabri, de Beg ar Neon (Beg an Evned), et de Beg ar Forn. Les versants assez pentus s’élèvent jusqu’à la rupture de pente du plateau à 75 mètres d’altitude environ. La géologie très complexe est dominée par des formations schisteuses d’origine volcano-sédimentaire. Les affleurements rocheux sont assez fréquents et à différents niveaux de la pente. 
 
 
Encore une belle descente. Le chemin dans les falaises nous semble sans fin !
 
Le sentier nous conduit enfin jusqu’à Saint Michel en Grève qui est annoncé par la fin des falaises et par la plage de Toul ar Vilin, qui est située à droite de l'église et de son cimetière marin. Cette crique est peu large à marée haute, plus rocheuse côté port, plus sableuse côté bourg. Elle est exposée plein sud, ce qui est rare pour une côte nord. 
 
 
Le village est bien préservé des constructions anarchiques ce qui lui confère un charme particulier.  À l'origine, au Moyen Âge, cette commune vivait essentiellement de son agriculture, elle connut un essor important avec l'arrivée du tourisme. Le village a compté jusqu'à six hôtels répartis dans la rue principale, il n'en reste plus aucun aujourd'hui.
 
Une voie romaine y passait. 
 
 
L'église Saint-Michel date du XVIIème siècle mais le clocher est du XVème siècle. Elle est construite sur des vestiges gallo-romains.  A cette époque, quand on voulait construire des édifices importants, surtout des églises, on n’avait aucun scrupule à exploiter comme carrières les quelques monuments gallo-romains existants, dont les ruines aux lignes correctes plus ou moins ébréchées dressaient encore çà et là, dans les bois et les campagnes solitaires, leurs murailles imposantes. A l’ouest s’élève une tour sans ouverture surmontée d’une balustrade et d’un étage en retrait percé de deux baies sur chaque face; une flèche orthogonale en pierre surmonte la tour.
 
 
On remarque dans le mur du chevet, à l'extérieur, une curieuse statue de saint Michel. 
 
La vieille porte d’entrée est remarquable, dommage que la couleur ne mette pas en valeur les bas reliefs.
 
L'église abrite par ailleurs quelques statues anciennes de saint Michel, de saint Yves, de saint Loup (XVIIème), de sainte Marguerite et de sainte Anne. 
Dédié à l'Archange, l’église de Saint-Michel-en-Grève comprend une nef flanquée de bas-côtés qui comptent au nord quatre travées et trois seulement au sud formant trois chapelles perpendiculaires à la nef principale; elle est terminée par un coeur à chevet plat. 
 
Pour autant, c'est le cimetière marin qui jouxte la plage qui fait la célébrité de l'église. Des vestiges de thermes romains y ont été mis au jour.  À marée haute les flots viennent battre le mur du cimetière dans lequel son clocher s’élève. L’infini de la plage et de l’océan pour l’éternité !
 
 
Le monument aux morts est tout simple.
 
La plage de Saint Michel en Grève fait partie de la Lieue de Grève et s’étend le long de la route départementale. Cette vaste plage de sable est peu fréquentée à cause de la présence d’algues vertes. Le nom de Lieue-de-Grève est une réalité car les plages Saint-Efflam, Pont ar Yar et Saint-michel cumulent quatre kilomètres de plages ininterrompues.
 
Le Grand Rocher domine de ses 84 mètres la Lieue de Grève et la baie de Saint  Efflam. Des sentiers permettent de grimper à son sommet d'où les courageux bénéficient d'une superbe vue sur la baie. A marée basse, la mer se retire ici sur prés de 3 kilomètres. La pente de la baie étant très faible, la marée monte à une très grande vitesse comme au Mont St Michel. 
 
 
 
La plage de Saint Efflam est l’une des plus vastes du département. L’espace dégagé à marée basse est impressionnant, ce qui en fait l’une des seules plages dédiées au char à voile. Elle sert aussi occasionnellement d’hippodrome lors de courses spectaculaires de chevaux. Ses dunes préservées et la présence du Grand Rocher lui conservent un aspect naturel et ses villas surannées un petit air d’antan. La vue sur la baie de Saint-Michel est splendide. Elle forme un arc de cercle exposé nord-ouest. C’est la plage où le roi Arthur et Saint-Efflam sont censés avoir tué un dangereux dragon. 
Après une pause dans le seul bar ouvert de Saint-Efflam, nous reprenons notre longue marche cette fois ci vers le nord. Nous passons devant un joli manoir qui est en passe d’être remis en état.
 
La fontaine de Saint Efflam date de la fin du XVIème siècle. Le bassin de la fontaine est protégé par un monument important de style classique. Construit en granite, celui-ci comporte quatre faces percées chacune d’une arcade ; un dôme en schiste couvre le monument.  Deux niches au-dessus du bassin abritaient autrefois les statues de Saint Efflam et de Sainte Enora, son épouse. La fontaine Saint-Efflam a la réputation d’être une fontaine de prédiction. Ainsi, selon la tradition, en jetant des morceaux de pain dans le bassin, on peut prédire un prochain mariage ou même définir l’identité des voleurs.
 
La Chapelle de Saint Efflam est au-dessus de la fontaine, elle a été construite en 1883 à l'emplacement d'une ancienne chapelle. La légende latine de saint Efflam a dû être inventée à partir du XVème siècle et pourrait être attribuée au clergé plestinais, vers l'époque du recteur Le Sparler. Les reliques du saint ont été transférées à l'église du bourg. Saint Efflam, moine irlandais (né en Hibernie en 448), aurait débarqué selon la légende sur les grèves de Plestin en 470, avec ses compagnons Mellec, qui donna son nom à Pors Mellec, Kirio, à la plage de Kirio, Carré au lieu-dit Lancarré, Quémeau, Haran, Nérin et Eversin.
 
Juste après on remarque les traces des anciennes ardoisières de Saint-Efflam, sous forme de déblais de taille sur l’estran. 
 
 Le sentier se poursuit plein nord jusqu’à Beg Douar dont la pointe est prolongée par une cale qui protège le petit port de 115 places.
Nous prenons l’option plage jusqu’au petit port ce qui a l’avantage de nous éviter les montées et descentes mais par contre nous avons mouillé nos chaussures à cause des ruisseaux à traverser...
 
 
Nous retrouvons avec plaisir le sentier côtier qui reprend sa fâcheuse habitude de monter et descendre. Depuis le Beg Douar, le parcours pointe vers l’Ouest.
La plage de Porz-Mellec est connue des seuls initiés. Dans une crique de sable blanc et fin, elle est bien abritée par les rochers et la végétation, très agréable en journée, elle se couvre d’ombre au soir à cause des grands arbres. 
 
 
 
La pointe de Plestin est l’ultime relief granitique des côtes d'Armor, la Pointe de l'Armorique a pris le nom du pays qui l'abrite et garde jalousement la passe du ruisseau qui en constitue la frontière : le Douron. De Beg Douar qui protège le port de plaisance jusqu'aux Rochers d'Argent qui ouvrent le petit estuaire sur la mer, le chemin des douaniers épouse les replis de vertes falaises abritant de petites plages. Il prend alors le nom évocateur de « sentier de la Corniche », offrant des vues en enfilade sur les côtes allant de la Pointe de Locquirec aux îles mouillant au large de Trebeurden.
 
Tossen ar C’haz est une suite de petites criques plutôt qu’une plage. Nous approchons de nouveau du monde du plat avec la grève des Curés.
 
La grève des Curés est orientée nord-sud, elle est ouverte sur le grand large. Au sommet, un panorama splendide sur la baie de Locquirec. 
Les thermes du Hogolo ne sont pas un nouvel espace hélio-marin.  Les Romains apprirent des Grecs l'usage et les bienfaits des bains. C'est ainsi que, partout où ils s'établirent en communautés d'une certaine importance, ils construisirent des complexes tels celui de Plestin. Pour peu que l'eau fut à disposition en quantité suffisante, les architectes dessinaient et faisaient édifier des lieux d'ablutions dont la plupart disparurent peu de temps après leur départ. Les galères romaines parcourant les côtes d'Armorique trouvèrent en ces lieux un havre naturel que ces hommes venus du sud s'empressèrent d'aménager afin d'y faire commerce. 
 
 
 
C'est ainsi que dans la première moitié du premier siècle de notre ère, ils édifièrent cet établissement. Les thermes gallo-romains du Hogolo en Plestin sont les mieux conservés de Bretagne.
Ils avaient pourtant presqu'entièrement disparu, perdant, comme bien souvent, l'essentiel de leurs matériaux au profit d'autres constructions dont certaines dévoilent encore une partie de ces rapines. Un beau jour de 1892, le hasard d'un trait de labour en exhumera les fondations et quelques pans de murs oubliés sous les terres qui les avaient progressivement couverts au cours des siècles. Des fouilles entreprises en 1938 cesseront deux ans plus tard et le site sera, une nouvelle fois, partiellement comblé. Un habitant de Plestin redécouvrira la partie chaude des thermes et, se prenant de passion pour cet endroit chargé d'histoire et la plage de sable fin qui en était presque le jardin, ... s'en fit une demeure qu'il occupera jusqu'à la fin des années 70. A sa mort, le département acquerra le site et le mettra en valeur pour l'ouvrir au public en 1993.
 
La plage du Hogolo  offre un cadre de grande beauté. Le matin, les grands arbres lui font de l’ombre. 
 
La Tourelle de Pichodour est en pierres de granite maçonnée balisant le chenal d'accès de Toul an Héry. La balise a été peinte de couleur rouge après avoir été peinte en noir. La tourelle de Pichodour balise l'entrée du chenal du Douron pour parer le danger de la roche du même nom, côté babord.
 
 
 
Toull ar C’hirri en breton signifie littéralement le « trou des charrettes ». Le port de Toul an Héry s'étire de la pointe de l'Armorique à la pointe de Locquirec. La Révolution y affecta une brigade des douanes. Sous l'Ancien Régime, les exportations consistaient surtout en céréales et toiles de lin à destination de l'Angleterre ou de l'Espagne, qui transitaient par Morlaix et Bordeaux. Le port disposait d'une flottille de 12 à 15 barques de pêche. 

Le port de Toul an Héry était considéré comme un « port oblique », c'est à dire comme un port d'une certaine importance dépendant d'un siège d'Amirauté celui de Morlaix en l'occurence où était installé un receveur de droits. Cependant, le port de Plestin-les-Grèves n'est pas le centre d'un grand commerce maritime et il ne figurera plus dans les formes de statistiques des congés de navigation de l'Amirauté après 1730, largement dépassé par la concurrence des ports de Morlaix et de Lannion, qui disposent d'infrastructures portuaires plus élaborées. Le chenal de « Toul-ar-Hiri » est encore cité à l'attention des navigateurs sur la carte de Belin vers 1770. 
 
Pendant la Révolution, le port va connaître un regain d'activité et de commerce en contrebande des céréales vers la Grande-Bretagne et les îles anglo-normandes.

En 1848, fut enfin édifiée une jetée pour l'accostage des caboteurs et le chenal fut balisé par plusieurs perches en bois et une balise en pierre maçonnée (Pichodour). Cependant, peu de navires avaient Toul an Héry comme port d'attache, à cause des bancs de sable qui obstruaient le chenal d'entrée, mais plutôt comme port d'embarquement ou de débarquement.


Avant de disposer d'un pont sur le Douron au milieu du XXème siècle, le port de Toul an Héry utilisait les services des passeurs et de leurs bacs entre les deux rives du Douron. Les vestiges de la maison du passeur et de l'ancienne ferme dite de Toul an Héry, sur la rive finistérienne, proche du manoir de l'île Blanche, les anciens magasins ou entrepôts du manoir du Puils, les riches demeures d'armateurs ou de négociants, l'ancienne caserne des douanes et manoir de Beauport, la chapelle Sainte-Barbe, entourée d'un bâti de caractère, structurent encore le paysage architectural et portuaire de ce lieu et participent de son attrait patrimonial et historique.
Le commerce du lin florissant au XVIIème siècle a laissé comme témoignage architectural le manoir de l'île Blanche sur la rive gauche du Douron, construit par le filotier et commerçant Richard de La Haye, originaire de Plouaret. C'est vers cette époque florissante que se sont construits les manoirs et les maisons fortifiées bordant l'estuaire. Les seigneurs locaux disposaient d'un droit de pêche exclusif dans la rivière qui baignait leur propriété. C’est là que finira l’étape pour aujourd’hui.
 
Le Douron, long de 28 kilomètres, naît sur la commune de Scrignac. Elle est bordée par la « corniche de l'Armorique » (côté Plestin). Il constitue la limite des départements du  Finistère sur sa rive Ouest et des Côtes-d'Armor sur sa rive est.
 
C’est ainsi qu’avec le franchissement du Douron nous arrivons dans le Finistère.
 
 
 
 
 
 
 
Le Manoir l’île Blanche s'organise en forme de U autour d'une cour, l’ensemble des bâtiments est construit en moëllon, schiste calcaire de couleur vert-bleue, dite « pierre de Locquirec ». Les corps de logis et les communs forment plusieurs pavillons qui s’étendent jusqu’à l’arrière de la propriété. Les tours et les toitures du manoir sont recouvertes d’ardoise. Sa construction serait inspirée d'un château anglais offert par Henri VIII à l'archevêché de Canterbury. En 1926, le manoir fut acquis par la Congrégation des Filles du Saint-Esprit du Diocèse de Saint-Brieuc qui aujourd’hui encore anime le domaine. Un calvaire, dressé sur un massif rocheux, est composé d’une grande croix fleuronnée avec crucifix avec à sa base, quatre personnages grandeur nature (2 hommes et 2 femmes), représentant la Mise au tombeau du Christ. L’Île Blanche aujourd’hui est une maison d’accueil où il est possible à tout un chacun de séjourner et pour les randonneurs de faire une halte pour une nuit. Ce choix rccourcit l’étape de 2 kilomètres. Ce qui tout compte fait compense avec l’étape suivante (27+25 ou 25=27).
 
 
Voici la vidéo de l’étape :
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mardi 23 avril 2019

Étape 20 : de Trébeurden au Yaudet (25 km) lundi 22 avril

 

 
 
Ce matin nous accédons directement à la plage sans repasser par le Kastell. À marée haute, la plage est quasiment disparue. Des travaux de renforcement sont en cours et empêchent de poursuivre jusqu’au bout de la plage.
 
 
 
 
 
 
La plage de Tresmeur, longue d’un kilomètre, se situe entre le Kastell et la pointe de Bihit. C’est la plage principale de Trébeurden, elle est surveillée en été. Son sable fin, blanc ivoire, ne laisse personne insensible. Le front de mer de Tresmeur était encore vierge de tout aménagement au début du XXème siècle, avant la construction de l'Hôtel Celtic. Les terrains ne bord de rivage étaient cultivés, y compris les parcelles entre Trozoul et la plage de Tresmeur. En 1920-30, le front dunaire commença à être envahi par cabines de bains et quelques années plus tard, un mur de soutènement défendait l'îlot du Castel et les Roches Blanches de l'assaut des vagues. Les trottoirs, la promenade et la plateforme permettant de recevoir deux rangées de cabines de bains, furent réalisés en 1924. Les premiers aménagements aqualudes allaient suivre : pontons flottants et plongeoir. Les premières villas commencèrent à urbaniser le front de port dans le 2ème quart du XXème siècle et une second mur de soutènement longea la plage. Les galets allaient progressivement remplacer le sable en haut de plage. Cependant, la falaise au bout sud-est de la plage, en allant vers Bihit, s'effondre régulièrement par paquets depuis plusieurs années, en dépit du mur de soutènement, qui la longe sur toute sa longueur.
Les galets font un bruit d’enfer en bout de plage et sont les éléments de l’érosion mécanique.
 
 
 
 
 S’avançant dans la mer, la pointe de Bihit dispose d’un magnifique panorama.  Cette pointe et la petite île à sa gauche (l'île Mignonne) sont formées d’une roche grise et tranchante, la plus ancienne d'Europe. Elle  est très différente de la roche rose et ronde présente sur le Castel et l'île Milliau qui est l'une des plus jeunes roches granitiques armoricaines. 
Ce granite rose est issu de roches magmatiques qui sont remontées et se sont refroidies très lentement, provoquant l’apparition de plusieurs anneaux concentriques : la roche âgée de 2 milliards d'années formant la pointe de Bihit, située en limite de l’un de ces anneaux,  a ainsi accueilli à ses côtés du granite seulement vieux de 300 millions d'années. 
 
 
 
 
La plage de Porz Mabo est située en dessous des falaises de Pors Mabo, elle est sans aucun doute la plus chaude car située plein sud.  Dans un environnement demeuré sauvage, la plage de Pors-Mabo est une belle plage de sable fin, abritée par la Pointe de Bihit. Exposée au sud, elle offre une belle perspective sur la baie de Lannion, et plus au loin, sur la Lieue de Grèves et les côtes finistériennes. 
 
 
 
 
 
Le chemin est plutôt plat en haut des falaises. Les vagues viennent se fracasser en pied de falaise et les galets roulent avec le ressac.
 
La plage de Goaslagorn est l’une des plages les plus fréquentées de la station. Hors de la grande saison, c’est une plage assidûment fréquentée par les locaux. Après la classe ou le travail, les familles s’y retrouvent souvent. Les dimensions de la plage évitent toute promiscuité. Son orientation à l’ouest en fait une plage idéale pour l’après-midi et le soir. Entièrement entourée d’une nature préservée, faite principalement de pins, de fougères et d’ajoncs, l’impression de dépaysement est grande. Le Goaslagorn débouche sur la plage, ce petit fleuve a fait l’objet de gros efforts de lutte contre toutes les pollutions pour en faire un exemple.
 
 
Nous sommes dans les temps indiqués depuis Trebeurden.
 
À partir de là, le GR devient beaucoup plus sauvage et sportif, il monte et descend sur les falaises couvertes de fougères et d’ajoncs. 
 
 
 
 
La pointe de Beg Léguer est située entre la pointe de Servel et le vallon de Goaslagorn. Depuis l’instauration des premiers plans d’occupation des sols, la ville de Lannion a su préserver la qualité de cette façade littorale qui comprend deux plages : Beg Léguer et Maez An Aod, enchâssées dans des falaises de granite pouvant atteindre jusqu’à 60 mètres de hauteur. La lande est dense sur la plus haute partie du site et contraste avec les affleurements de la roche où dominent les bruyères cendrées. 
 
Nous atteignons une étrange maison aux murs blancs et volets rouges, au toit en ardoise percé d’un cylindre surmonté d’un toit conique du même rouge vif. Sur le mur de la façade peint en larges lettres on peut lire Beg Leger. 
 
 
 
 
 
Il s’agit du phare de Beg Léguer qui n'est pas très haut puisqu'il culmine à huit mètres de haut, mais à soixante-trois mètres au-dessus du niveau de la mer. Il a été construit en 1884 et des arbres, rares en cette région, ont été plantés derrière le feu afin de le rendre plus visible : on peut encore voir ces plantations. Le feu était alimenté au pétrole jusqu'en 1940, ce qui explique le dôme qui le surmonte qui, à cette époque était ouvert afin de laisser échapper les fumées de combustion. Cette vigie, indispensable à la navigation, éclaire jusqu’à 20 kilomètres et indique la passe pour entrer dans le Léguer. Depuis la descente, on aperçoit le rideau de pins et une partie du dôme rouge.
 
 

 
 
De Beg Léguer suit une descente des plus sportives.... Le chemin descend vers la plage puis serpente vers la pointe Servel qui marque l’entrée dans la ria.  De l’autre côté c’est la pointe de Dourven et juste après Locquémeau, où nous passerons demain....
 
 
 
 
 
La plage de Maez an Aod est au sud de Beg Léguer est une plage sauvage qui  n’est pas accessible directement en voiture, ce qui lui évite d’être surpeuplée. Le cadre est entièrement naturel et la vue grandiose sur le large.
Après être un peu remontés sur le chemin, nous voyons le chemin déjà parcouru depuis la pointe de Bihit.

 
 
 
La rivière de Lannion ou le Léguer se termine par un estuaire de 9 kilomètres, entre Lannion et la Manche. Un chemin de halage suit partiellement le cours d’eau ; par le passé, il servait à la traction des bateaux, aujourd’hui il est réservé aux promeneurs. La rivière débouche dans la mer entre la pointe de Servel, au nord, et celle de Dourven, au sud ; chacune de ces pointes constituent un remarquable point de vue sur l’estuaire. Le Mur de l’Atlantique y a laissé des traces bien visibles.
 
Par mer haute, le Léguer voit son niveau au maximum. Le paysage est alors de toute beauté pour peu que le soleil soit de la partie. Alors, le vert des arbres se reflète au milieu des bateaux sur le bleu de l'eau. C’est maintenant !
Par mer basse, le paysage est différent et le fond du Léguer, vaseux, donne un autre aspect à ce fleuve côtier. Ce sera cet après-midi sur la rive d’en face... Jusqu'à l'entrée de Lannion, nous ne verrons pratiquement pas d'habitation, seulement des pentes boisées avec des frondaisons s'inclinant au bord de l'eau.  
Au passage nous voyons notre étape de la journée : Le Yaudet. L’éperon barré était facile à défendre d’autant que le niveau de l’eau était plus bas alors. Nous voyons parfaitement la maison des douanes à gauche et le Corps de Garde à droite.
 
 
 
 
La balise de la Pierre Noire est une aide précieuse pour la navigation dans l’estuaire associée à la tourelle de Poull ar Mad Dogan de l’autre côté.
 
Le chemin monte jusqu’à atteindre une esplanade goudronnée qu’il faut traverser avant de descendre. 
Le Calvaire de Beg Hent est au bout de l’impasse de Toul ar Wahz. Juste avant un beau panorama sur le Léguer depuis la placette. Le calvaire est à deux faces : d’un côté la crucifixion 
et de l’autre trois personnages méconnaissables recouverts de mousse et érodés par le temps.
Le sentier descend vers le petit port et l’ancien chemin de halage qui s’appelle de nos jours le chemin de Beg Hent. En face, c’est le Yaudet, terme de notre étape du jour. 
 
Ce n’est plus que du plat jusqu’à Lannion sur le chemin de halage..
 
 
 
 
En toile de fond, le Léguer, ses richesses naturelles et historiques, ses vallées boisées et ses roches de granite. Et à quelques encablures de l'embouchure, le port du Beg-Hent qui rappelle que le fleuve avait avant tout une vocation maritime. Le port dispose d’une cale de 4 mètres de large utilisable autour de la mi-marée. 
La pêcherie la plus récente mise à jour date de la fin du XVème siècle, cache une autre beaucoup plus ancienne, faite de pierres et de bois datant des débuts du Moyen Âge (VIème et VIIème siècle). Ces pêcheries sont très repérables à marée basse et singulièrement par photos aériennes.  Beaucoup de choses restent à apprendre sur le peuplement de cette région dans les temps anciens. 
 
 
 
Nous arrivons sur le chemin de halage que nous suivrons jusqu’à Lannion. Tout de suite nous notons une grande fréquentation liée à la facilité du plat... Les promeneurs et surtout les jogueurs profitent de la facilité du parcours et de sa tranquillité pour marcher ou courir. 
 
Pour nous, c’est une partie rapide tantôt exposée au soleil, tantôt à l’ombre. C’est mieux pour limiter les coups de soleil sur les bras. 
 
Nous arrivons en ville par une route très fréquentée que nous suivons jusqu’au premier pont, avant de rechercher un bar ou une crêperie. Finalement nous monterons jusqu’à l’église et la place voisine pour trouver une crêperie et du cidre pour étancher notre soif, manger une crêpe à l’andouille de Lannion et laisser nos sacs le temps d’un tour dans la ville.
 
 
 
 
 Capitale du Trégor, Lannion est la deuxième ville des Côtes-d'Armor. Bâtie à flanc de colline, au bord du fleuve Léguer, elle se compose d'une partie basse et d'une partie haute au charme indéniable, aux maisons anciennes à pans de bois ou d'ardoises. 
 
 
Pour une vue imprenable sur la ville, direction les escaliers de Brélévenez : 142 marches bordées de petites maisons, pour un panorama exceptionnel à l’arrivée.  Vous comprenez pourquoi nous avons laissé nos sacs à dos !
 
Un calvaire marque le début de l’ascension de ce col hors catégorie.
 
Avant la révolution, l’escalier est réputé comporter autant de marches que de jours dans l’année. A cette époque, il s’apparente plutôt à un sentier escarpé gravissant la colline. L’escalier est rénové au XIXème siècle ; les matériaux utilisés sont le schiste et le granite. En 1921, on dénombrait 142 marches ; actuellement, on n’en compte plus que 140, rançon du progrès ! 
En bordure de l’escalier, on découvrira des maisons datant du XIXème siécle, faites aussi de schiste et de granite. Certaines d’entre elles possèdent une niche abritant la statue d’un saint protecteur.
 
C’est l’occasi de faire une pause et de constater que le chemin est encore long...
 
La vue sur Lannion vaut le voyage !
 
 
 
Le quartier de Brélévenez semble s'être figé dans le temps, avec son église templière et ses maisons typiques.  L'église Saint-Jean-du-Baly a été construite dès le XIVème siècle puis modifiée aux XVème et XVIème siècles. 
Sa tour carrée disposait autrefois d'une flèche, démolie en 1760. construite en 1519, « droite et massive, veuve de la belle flèche à jour qu’elle avait reçu en 1643 pour laquelle on n'avait pas employé moins de dix mille ardoises.
La flèche, trop lourde, vit 
l’une des poutres de la charpente se rompre et la flèche pencha dangereusement. En 1760, le duc d’Aiguillon, commandant de la province, ordonna sa démolition.  La flèche de granite prévue pour la remplacer ne fut jamais construite, faute de moyens...
  À l’intérieur de l’église, on peut découvrir un pilier creux muni d’un escalier à vis. Autrefois, cet escalier permettait d’accéder à un jubé aujourd’hui disparu. On observe des marques sur certaines pierres du pilier creux ; qui servaient à comptabiliser le nombre de pierres taillées par chaque maçon. 
L’église contient aussi la chaire du XVIIème siècle tout en bois et le maître-autel en marbre blanc de la fin du XVIIIème siècle. Aussi, les statues en marbre blanc représentant saint Joseph, la Vierge, saint Joachim, sainte Anne. Elles datent du XVIIIème siècle et on pense qu'elles proviennent de la chapelle des Ursulines... 
    
 
Dans l’enclos paroissial, on remarquera un beau calvaire qui fut réalisé par Yves Hernot pour l’exposition universelle de 1867.
 
 
 
Après cette ascension nous dévalons la pente pour remonter un peu vers le centre de Lannion.
Les plus anciennes maisons, du XVIème siècle, se situent rue des Chapeliers. Place du Marhallac'h, on admire deux maisons à tourelles. 
 
et le monument aux morts qui exprime la douleur de la perte d’un camarade.
 
Lannion a su garder son caractère « vieille Bretagne », retour en étant à la pointe de la modernité avec l'implantation du Centre National d'Études des Télécommunications. Nombre de vieilles demeures typiquement bretonnes, aux murs à pans de bois bombés par le poids des ans et de la toiture, bordent des ruelles propices à une flânerie des plus agréables... À colombages, en encorbellement ou recouvertes d'ardoises des XVème et XVIème siècles, les façades sont remarquables place du Général-Leclerc, rue des Chapeliers, rue Geoffroy-de-Pont-Blanc, rue Cie-Roger-Barbé... À l'angle de cette rue, une croix en granite marque l'endroit où s'illustra le chevalier de Pont-Blanc lors de la guerre de Succession (XIVème siècle).
 
 
 
   
Et nous voilà de retour sur la place, pour retrouver nos sacs à dos...
 
À plusieurs endroits de la ville song affichées de vieilles cartes postales. Sur le quai du Maréchal Foch c’est l’activité portuaire qui est exposée. Alors j’ai choisi pour l’ami John deux steamers gallois qui faisait la liaison avec la Bretagne pour y transporter  du charbon. 
L'ancien couvent Sainte-Anne, datant du XVIIème siècle, a servi de lieu de culte mais aussi d’hôpital.  La ville a racheté en 2003 ce bâtiment à la congrégation religieuse des soeurs Augustines afin de le transformer pour partie en médiathèque, une autre aile devant accueillir un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Les  soeurs Augustine l'ont occupé de 1667 à 2007 (avec une interruption pendant la Révolution française). Les soeurs travaillaient à l'hôpital de Lannion, lui aussi rue de Kérampont, jusqu'en 1975. Ce site comporte aujourd’hui une salle de conférence de 140 places, une salle de réunion de 100m2, une entrée commune avec la médiathèque, déjà dans la place depuis 2006, des espaces pour les associations culturelles et sociales et des bureaux pour le service culturel. 
La chapelle Sainte-Anne, la salle des stalles et la salle du chapitre permettent  l’organisation de  spectacles et animations avec une capacité de 250 personnes assises.
Le lieu est très calme et agréablement fleuri.
 
 
 
 
 
Nous quittons Lannion en passant en rive gauche du Léguer, long chemin sur la rive gauche qui donne un autre point de vue sur l’estuaire....
 
 
 
 
 
Loguivy les Lannion est aujourd'hui un quartier principalement résidentiel, on y trouve encore une école (Diwan) et trois fontaines remarquables autour de l'église Saint Ivi, dont une sur la berge du Léguer, entre le quai au sable et le sentier menant au Yaudet. L'église est également réputée pour son enclos paroissial. 
Loguivy vient de "lok" (lieu consacré) et de saint Ivi (saint breton du VII-VIIIème siècle venant de l'abbaye de Lindisfarne en Ecosse). Saint Ivy (moine irlandais) serait né vers 650 et aurait accosté à proximité du Mont-Saint-Michel vers 685-687.
L'église Saint-Yvy ou Ivy ou Yvi a été restaurée au XXème siècle. L'église initiale a été construite à partir du tout début du XVIème (à l'exception des chapelles en ailes qui datent du XVIIème siècle) à l'emplacement d'un ancien sanctuaire édifié par saint Ivy au VIIème siècle. 
 
Elle a un chevet droit, un clocher-mur de 1750 et une nef voûtée en berceau avec une chapelle au nord et deux chapelles au sud. L'église possède un bras-reliquaire en argent de saint Divy (ou Ivy) daté de 1690.
 
 
 
 
 
 
La fontaine de dévotion Saint Ivy de la rive (XVI-XVIIème siècle), consacrée à Saint-Ivy (représenté en évêque ou en abbé mitré) et située au bas de l'enclos paroissial de Loguivy les Lannion. Elle a été restaurée en 1970. Cette fontaine a le pouvoir de prédire le sort des nouveaux nés ;
 
 
 
 
La fontaine Renaissance (1577) dispose d'une large vasque surmontée d'une colonne avec dôme. Depuis 1986, le vasque et les jets tombants le long de la colonne sont alimentés par l'eau d'une source. L'eau de la fontaine passait pour avoir le pouvoir de guérir les jeunes enfants des coliques ;
 
 
La fontaine de dévotion Saint Ivy du Haut (XVIème siècle), consacrée à Saint-Ivy (représenté en évêque) et adossée à l'extérieur du mur sud de l'enclos paroissial de Loguivy les Lannion. Une statue de Saint-Ivy, placée sur un socle en granite, au milieu de l'arcade, surplombe le jet d'eau qui provient de la fontaine Renaissance ;
 
 
 
 
 
 
 
Compte tenu de la marée basse et du limon apparent dans le lit du Léguer nous faisons le choix d’un parcours hors GR par le haut du plateau. Nous avons vu un chevreuil à 10 mètres de nous, surpris dans un milieu semi urbain qui s’est éloigné sur le chemin creux avant de revenir vers nous et de sauter la haie à mi-chemin...
 
Nous arrivons au Yaudet par un ancien moulin, bien restauré, au moment d’une visite. Le Moulin de Crec'h Olen a été restauré et terminé en 2007.
 
 
 
 
 
 
 
 
Le Yaudet Sur la rive gauche de la rivière, quelques centaines de mètres en amont de la mer, se trouve le site du Yaudet. Le Yaudet occupe un promontoire escarpé entre l'embouchure du Léguer au nord et la vallée de la Vierge à l'ouest, formant un oppidum maintes fois occupé par l'homme, qui a été important dans l'histoire de la région même si ce n'est plus actuellement qu'un hameau de quelques maisons autour d'une chapelle, dépendant de la commune de Ploulec'h.
 
Nous allons directement à la crêperie pour déposer nos sacs avant de faire le tour...
 
 
 
 
 
 
 
 Le port du Yaudet est situé en retrait de l’embouchure du Léguer qui se jette à cet endroit dans la Manche. Protégé des vents dominants par une pointe à son entrée ouest sur la rive gauche du Léguer, il constitue depuis l’Antiquité un abri marin de qualité qui aujourd’hui, garantit la sécurité des cinquante-cinq bateaux de plaisanciers et selon la saison de deux ou trois bateaux de pêcheurs professionnels. Sur la rive droite c’est le port plaisancier de Beg Hent de Lannion-Servel qui jouxte celui du Yaudet  ;
 
 
Ce site est un site de peuplement préhistorique. Des objets datant du néolitique y ont été trouvés (outils de silex, haches polies, fragments de poterie).
    Le Yaudet abrite un petit port autrefois dédié à la pêche et aujourd’hui fréquenté par des plaisanciers amoureux de la baie.
Les occupants gaulois y avaient aménagé un oppidum, village fortifié protégé naturellement par la mer et défendu par une muraille dont on peut encore voir quelques vestiges. Cet éperon barré a été rehaussé à trois reprises par les peuples successifs, à partir d'une première ébauche remontant à 1 500 ans avant Jésus-Christ (l'âge de Bronze).  Cette entrée maritime a évidemment facilité le commerce avec les îles britanniques, la Baltique, la Grèce...  En témoignent les pièces de monnaies d'Égypte, de Phénicie, des flèches datant de l'âge de Fer et de poteries retrouvées lors de fouilles archéologiques. Pythéas s’y serait arrêté dans son périple vers le nord il y a près de 2500 ans. Les habitants pouvaient vivre en autarcie grâce à un puits, deux fontaines et l'exploitation des champs.
On y découvre la Pierre branlante, les rochers du Château et de Beaumanoir, ou encore la fontaine « Feuteun Goz ». 
 
 
D’autres vestiges laissent place au mystère, tel que le mur de pierre situé dans l’anse de la Vierge, qui pourrait être le vestige d’une pêcherie ou d’un système de fortification.
 
Le site a été habité dès le Néolithique (deux fours de l'Âge du fer ont été retrouvés par les archéologues), puis à l'âge du bronze même si les traces qui en sont conservées sont ténues. Les traces des premières maisons véritablement retrouvées datent du Ier siècle de notre ère. Un village de quelques centaines d'habitants occupait alors le plateau au sud, surplombant le port, et la population transformera la Pointe en éperon barré. Les hommes bâtirent un rempart fait de terre et de pierre de type murus gallicus, allant des rochers de Beaumanoir, dominant la baie de la Vierge, jusqu'à la pointe rocheuse qui descendait vers le port.
 
À partir du XIIIème siècle, le site est progressivement déserté au profit des sites de Ploulec'h (la commune dont dépend Le Yaudet) et de Lannion ; il est totalement abandonné au XVIème siècle.
 
 
 
Le Corps de douane Au XIXème siècle, l'instauration des réglementations douanières équipa le Yaudet de ce poste de douanes, construit en 1845, et le dota de douaniers permanents pour qui une guérite, à restaurer, fut également bâtie face à la rivière. Le port constituait un abri sûr pour le mouillage des goélettes dans l'attente des marées pour porter leur cargaisons à Lannion. La disparition progressive du commerce à la voile causa le déclin de l'activité portuaire et à la fin des activités douanières dans la deuxième moitié du vingtième siècle.
 
 
 
 
Le Port Celte se trouvait sur le côté nord du promontoire où un grand banc de sable permet un échouage abrité.
Unique port sécurisé de l'Armorique nord (avec Alet), aux âges du bronze et du fer, représentant alors l'escale la plus importante dans le commerce des matières premières, comme l'étain, le fer ou le cuivre, il fit l'apogée du Yaudet à l'âge du fer, avant l'arrivée des Romains.
Ceux-ci, à leur occupation, le conservèrent en en faisant la porte maritime de leur fortification.
Les vestiges de cette porte maritime restent visibles et montrent une architecture dite « à pierres vues » typique de l'époque c'est à dire au IIIème siècle.
 
 
 
 
 
Le corps de garde du XVIIIème siècle, faisant partie du dispositif de surveillance des côtes. Le corps de garde est situé sur un promontoire rocheux à l'entrée de la rivière de Lannion (le Léguer), en aval du port du Yaudet et de l'anse de la Vierge, sur le domaine départemental. Il est défendu sur sa face ouest par un muret de pierre sèches de 50 cm de hauteur.  Le corps de garde fait partie du système de protection des côtes développé par Vauban, sur ordre de Louis XIV, et initié dès 1666 pour parer aux attaques anglaises et hollandaises. Les gardes se tenaient à l'extérieur et surveillaient l'entrée de l'estuaire : en cas de danger, ils donnaient l'alerte.
 
L’endroit était idéal pour surveiller tous les mouvements de navires face à l’estuaire.
 
 
 
 
La Pierre Branlante Magie locale ? Une curiosité géologique étonnante, fruit de l'eau et de l'érosion.
 
 
 
 
La fontaine (Feunteun Goz) est une fontaine antique vénérée. La légende veut qu'elle soit surmontée d'un accès à un souterrain menant à l'intérieur du promontoire.
Elle fut restaurée au tout début du dix-septième siècle. Il s'agit d'un appareillage de fontaine typique de la Bretagne des siècles derniers comprenant une vasque pour eau potable constituée d'un bassin de pierres de granite taillées et soigneusement assemblées, un petit socle surmonté d'une niche pour abriter une statue et un lavoir à quelques mètres en avant.
 
 
Le mur de moulin à marée : Dans un endroit qui semble prédestiné à cet effet, ce mur massif a probablement été construit, au VI ou VIIème siècle, pour faire tourner des moulins à marée. Il devint par la suite une retenue naturelle pour les poissons, à marée descendante ; témoin cette pêche miraculeuse de sardines en 1938 qui l'ancrera en mur de pêcherie dans la mémoire locale récente.
 
 
 
La plage de la baie de la Vierge
 
 
 
La Roche Plate La roche nord de cet ensemble mégalithique de rochers aux formes étonnantes est positionnée horizontalement en dolmen (d'où son appellation locale traduite du breton «roche plate »). Sa surface est gravée d'une rosace dont l'origine et la finalité restent mystérieuses.
 
 
 
 
La porte Sud aux rochers de Beaumanoir : Le rempart traversier ou mur gaulois fut érigé à l'appui de ce « grand rocher » traduction de son appellation locale « ar garreg vras ». 
 
A cet endroit, les Romains édifieront la porte sud de leur fortification.
 
 
 
Cet énorme rocher est également appelé le rocher de Pythéas. Si Pythéas est probablement venu au Yaudet ce n’est pas sur ce rocher qu’il a installé son gnomon. Il lui fallait une surface plane et horizontale pour mesurer l’ombre portée.
 
Le mur gaulois A l'âge du bronze, une communauté gauloise (les « Yadètes ») occupe le site et affirme son identité en érigeant le pourtour du promontoire de remparts.
• un rempart traversier barrant l'accès de terre : le mur gaulois appelé localement le « dossen »
• un rempart périphérique, courant le long de la falaise

Ces remparts deviennent progressivement un système de défense.
Ce système de défense est renforcé plusieurs fois à l'âge du fer. En choisissant d'y établir une garnison, les Romains transformeront cette place forte en véritable fortification en y ajoutant les maçonneries et en y aménageant des portes, retrouvées au nord (porte maritime), au sud et à l'est.
Seule une probable porte ouest n'a pu être retrouvée à cause d'éboulements importants dans cette direction.
Le mur gaulois ou rempart traversier est une construction massive de terre, de rochers et de poutres clouées. Ce genre d'ouvrage offre de grands avantages pour la défense des villes, car la pierre le défend du feu , et le bois des ravages du bélier.
Jules César dira dans ses commentaires sur la guerre des Gaules, ses difficultés pour abattre la puissance des peuples d'Armorique, qui « avaient pour habitude, en bâtissant leurs forteresses et leurs villages, de choisir les extrémités des langues de terre et des promontoires, de manière qu'elles fussent inaccessibles au troupes de terre à la marée montante, ce qui arrive deux fois dans l'espace de vingt-quatre heures, et inabordables aux navires qui s'échouaient sur les sables à marée basse. »
 
 
 
 
 
 
 
 
La chapelle Notre-Dame du Yaudet fut construite sur les fondations d'un ancien temple romain, une première chapelle fut construite au  XIème siècle et détruite en 1855.
 La chapelle actuelle fut achevée en 1861, mais elle conserve certains éléments de la chapelle antérieure dont le clocher-mur et la tourelle d'accès de style Beaumanoir 
et un retable du XVIIème siècle représentant une Vierge couchée allaitant l'Enfant Jésus, représentation rare dans laquelle certains voient une survivance de la déesse Cybèle qui était fréquemment représentée ainsi. 
D'autres y voient une influence du culte d'Isis ou une résurgence des croyances préhistoriques en une Déesse-Mère, d'autant plus que la tradition était de célébrer en ce lieu une messe solennelle chaque premier mai à minuit, date qui correspond à la fête celte de Beltaine.  
 
 
La chapelle est au milieu d'un enclos paroissial.
 
 
 
 
 
La voie romaine Le Yaudet était au carrefour des routes vers Perros-Guirec au nord-est, Morlaix au sud et Carhaix à l’est. Le fait déterminant qui va rompre la continuité de l'emploi du site du Yaudet, mais qui ne portera tous ses fruits que bien des siècles plus tard, c´est la montée assez brutale du niveau de la mer qui se produit à partir de la seconde moitié du IIIème siècle (avant cette date, on pouvait traverser le gué du Yaudet à basse mer). Il devient de plus en plus difficile de franchir le Yaudet et on délaisse la route directe vers Perros-Guirec, le cordon littoral de la Lieue de Grève est rompu, la forêt est envahie par la mer, et la route vers l´ouest est coupée. Cette montée des eaux eut certainement des conséquences historiques sur le rôle urbain et maritime du Yaudet, qui va devoir céder sa place à Lannion.
 
Après cette petite visite complémentaire nous voilà de retour à la crêperie pour un autre dîner mémorable : un endroit où nous reviendrons avec grand plaisir.
 
Il nous reste à réserver d’autres étapes et surtout à tenter d’installer nos lacets tout neufs sur nos chaussures...
 
Demain, une autre belle et longue étape vers Locquirec.
 
 
Le résumé de l’étape en vidéo :